Dès le début de la soirée, l'affaire était entendue en faveur de M. Gignac. Environ 72 % des électeurs de la circonscription montréalaise ont endossé sa candidature.
La lutte a été plus serrée dans Rivière-du-Loup, entre les deux principaux concurrents. À 22h50, le libéral avait obtenu 47 % des voix (9324); le péquiste, 36,25 % (7189).
Il s'agit d'une défaite crève-coeur pour ce dernier. Paul Crête a démissionné du poste de député qu'il a occupé pendant 16 ans à Ottawa pour le Bloc québécois. Pour la chef Pauline Marois, il s'agissait d'une candidature idéale pour tenter de ramener dans le giron souverainiste une circonscription qui n'a pas voté pour le PQ depuis 1981.
Ses organisateurs ont déployé l'artillerie lourde. La semaine dernière, la Conférence nationale des présidentes et présidents du PQ s'est tenue dans la ville de Rivière-du-Loup pour donner un maximum de visibilité à Paul Crête.
En entrevue au Soleil, Mme Marois a confessé sa déception. «Paul était un excellent candidat», a-t-elle mentionné. Elle a repoussé l'hypothèse que la défaite est celle de l'option souverainiste. Les citoyens ont décidé de «voter pour le pouvoir», selon la chef.
«Nous partions de loin dans Rivière-du-Loup», a-t-elle analysé. Elle a souligné que le PQ a fini troisième, lors des deux dernières élections générales, dans cette circonscription, perdant même «son dépôt», en ne parvenant pas à recueillir 15 % des suffrages.
La victoire libérale, elle, est impressionnante dans cette circonscription de l'Est du Québec, compte tenu des obstacles
auxquels Jean D'Amour a été confronté.
L'ex-maire de Rivière-du-Loup s'est fait «rappeler» pendant la campagne électorale qu'il a été reconnu coupable de conduite en état d'ébriété. Le commissaire au lobbyisme a ouvert une enquête à son sujet pour des représentations supposément illégales auprès de celui qui lui a succédé à l'hôtel de ville de Rivière-du-Loup.
Jean Charest a félicité publiquement ses deux nouveaux députés dès 21h50. Lors d'un entretien téléphonique, le premier ministre a affirmé que, dans le cas de Rivière-du-Loup, il faut voir la tournure des événements comme une rebuffade dirigée contre Pauline Marois et l'option indépendantiste.
«M. Crête était candidat dans un scrutin où les enjeux [soulevés par le PQ] n'étaient malheureusement pas les bons pour lui. [Le résultat] est un message d'appui au gouvernement pour que nous continuions à nous occuper d'économie et d'emploi.»
Dans les deux circonscriptions, l'Action démocratique du Québec n'a jamais menacé les vainqueurs.
Dans Rivière-du-Loup, fief incontesté du temps de Mario Dumont, l'enfant du pays qui a fondé le parti, la candidate adéquiste Gilberte Côté n'a récolté que 15 % des suffrages. Mince consolation, c'est plus du double des résultats qu'accordent les sondages depuis la déconfiture du parti, aux élections générales.
La chef par intérim de la formation, Sylvie Roy, a refusé de trop s'en faire avec «un résultat qui n'a pas été à la hauteur» des efforts déployés par sa candidate. «Nous savions que ça s'en venait, a-t-elle indiqué, lundi soir. Dans une partielle, les gens veulent voter du côté du pouvoir. De plus, notre parti n'a pas encore élu son chef.»
Les votes qu'a conservés Gilberte Côté la confortent dans l'idée que «les adéquistes sont encore là». Si message négatif il y a, c'est vers le Parti québécois qu'il est dirigé, a-t-elle laissé tomber. Les complémentaires «ont démontré que les gens ne veulent plus entendre parler de souveraineté».
Dans Marguerite-Bourgeoys, l'ADQ a démontré qu'elle n'existe pas sur l'île de Montréal : un peu plus de 3 % du vote, lundi soir, pour Diane Charbonneau, une avocate qui s'était présentée dans Crémazie en 2008. Aux complémentaires du printemps 2008, la formation avait récolté moins de 10 % des suffrages.
Le taux de participation a été inversement proportionnel à l'ampleur des victoires. Dans Marguerite-Bourgeoys, à peine 23 % des électeurs ont déposé leur bulletin dans l'urne.
Cette proportion atteint 58 % dans Rivière-du-Loup, un des plus forts pourcentages de participation populaire, ces dernières années, pour un scrutin complémentaire. Dans cette circonscription, l'écrivain indépendantiste et candidat indépendant Victor-Lévy Beaulieu n'a convaincu que 81 électeurs de voter pour lui.














