Le Soleil a obtenu confirmation que M. Legault abandonne sa carrière politique aujourd'hui après plus de 10 ans de vie publique. Il en fera l'annonce ce matin à Québec, et en après-midi dans sa circonscription.
La nouvelle a créé une onde de choc au Parti québécois.
«Je reçois des courriels et des téléphones sans arrêt», a confié un haut placé au PQ. «Tout le monde a la même réaction : ?Ayoye?.»
M. Legault vient de connaître une session parlementaire particulièrement brillante. Il a embarrassé le gouvernement Charest et fait mal paraître le ministre des Finances, Raymond Bachand, dans le dossier des FIER et de la Caisse de dépôt et placement.
Le bruit sur une éventuelle démission a commencé à courir il y a environ deux semaines. Au point où, à l'heure des bilans, jeudi dernier, un journaliste a demandé à Mme Marois si elle était certaine que M. Legault terminerait son mandat.
«M. Legault m'a donné l'assurance qu'il était à nos côtés et qu'il resterait à nos côtés, a-t-elle répondu. Jusqu'à la fin du mandat. Si quelqu'un change d'idée, ça peut arriver, mais, pour l'instant, c'est la réalité avec laquelle je vis.»
Quoi qu'il en soit, Le Soleil a obtenu l'assurance que M. Legault avait annoncé sa décision à sa chef quelques jours avant les élections partielles du 22 juin.
Aucun des interlocuteurs du Soleil n'avait connaissance de conflit ouvert ou grave avec Mme Marois. Une source a soutenu que M. Legault n'était pas favorable au plan Marois pour la souveraineté du Québec. Une autre, qu'il y avait eu désaccord entre les deux l'année dernière sur la nécessité d'augmenter les tarifs.
Le député de Rousseau a d'ailleurs causé une surprise et mis sa chef dans l'embarras, récemment, avec une sortie sur les «vaches sacrées» dans lesquelles il faudrait sabrer au Québec. Certains y ont vu son chant du cygne. Mais il semble qu'un manque de motivation personnelle soit principalement en cause.
Un député péquiste a affirmé au Soleil que M. Legault a parlé récemment des belles occasions d'affaires qui surviennent en raison de la crise économique et qu'il s'attendait à recevoir des offres. Ex-président-directeur général et cofondateur d'Air Transat, M. Legault est indépendant de fortune.
Outre l'inconfort des interrogations sur son leadership depuis la défaite dans Rivière-du-Loup, Mme Marois devra pallier la perte de ce gros morceau de son équipe. De prime abord, des yeux se tournent vers Jean-Martin Aussant, député de Nicolet-Yamaska, qui possède une maîtrise en sciences économiques, et qui a démontré de bonnes aptitudes en secondant M. Legault à la commission des finances publiques.
Il s'en trouve pour spéculer sur un éventuel retour de M. Legault dans quelques années, advenant que Mme Marois se casse les dents. Le départ de M. Legault occasionnerait une nouvelle élection partielle d'ici six mois dans Rousseau.











