L'ex-ministre péquiste Jean-François Simard expose sa vision sur la souveraineté

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L\'ex-ministre péquiste Jean-François Simard expose sa vision sur la souveraineté

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Jean-François Simard, en 2003. Selon l'ancien ministre péquiste, «à défaut de faire du Québec un pays, les péquistes font aujourd'hui le pari d'en faire une province forte».

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

Gilbert Lavoie
Le Soleil

(Québec) À défaut de pouvoir faire la souveraineté, les péquistes et les bloquistes se dirigent vers un «nationalisme d'accommodement» avec le reste du Canada, affirme l'ancien ministre péquiste Jean-François Simard.

Dans une lettre ouverte envoyée aux journaux, M. Simard fait un lien entre la stratégie des référendums sectoriels proposée par Pauline Marois et l'accord conclu en décembre dernier par Gilles Duceppe avec les libéraux et le Nouveau Parti démocratique pour battre Stephen Harper.

«Mine de rien, par cette entente, Gilles Duceppe aura donné à la question québécoise, même brièvement, la possibilité de se redéfinir, après bientôt 15 années de blocage, de frustration, de rancoeurs mutuelles et de discours d'apparatchiks à l'ancienne qui répètent les rengaines de toujours», écrit M. Simard.

Il note que cet accord est arrivé quelques semaines après que le Parti québécois eut repoussé, pendant la campagne électorale, l'idée de tenir un référendum s'il était reporté au pouvoir. «La table était donc mise pour un dialogue d'un nouveau genre.»

M. Simard rappelle par ailleurs que la stratégie des référendums sectoriels annoncée en juin par Pauline Marois a longtemps fait l'objet de discussions au Parti québécois, mais qu'elle a toujours été rejetée parce qu'elle menait en définitive à une réforme du Canada et non à l'indépendance.

Une province forte

La situation, ajoute-t-il, a changé avec Pauline Marois. «À défaut de faire du Québec un pays, les péquistes font aujourd'hui le pari d'en faire une province forte. Bloquistes et péquistes s'en défendront jusqu'à leur dernier souffle, mais ils sont entrés, plus ou moins consciemment, dans une nouvelle ère d'accommodement économique, social et constitutionnel avec le Canada.»

M. Simard conclut en disant que ceux qui veulent vraiment réformer le Canada se demanderont si le PQ est le meilleur véhicule pour y parvenir, alors que ceux qui veulent en sortir se demanderont si ce parti les mène encore vers cet objectif.

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