«Quelle drôle d'idée d'arriver avec cette mesure en pleine saison touristique, et par surcroît en pleine période économique difficile qui a ses effets sur le tourisme», de dire Daniel Gagnon. Le directeur de l'Office du tourisme et des congrès de Québec précise que 15 000 Mexicains sont attendus à Québec au cours des trois ou quatre prochains mois.
La région de Québec reçoit annuellement 30 000 touristes mexicains, dont la moitié entre les mois de juillet et d'octobre. Un quart de million de Mexicains ont visité le Canada en 2008, selon les chiffres de Citoyenneté et Immigration Canada. Il faut ajouter 17 000 travailleurs agricoles et 3000 étudiants.
Voilà pourquoi l'ensemble des intervenants du secteur touristique réagit très négativement à la décision canadienne. «Nous travaillons très fort à développer le marché mexicain, de dire M. Gagnon, notamment pour faire découvrir notre hiver québécois.»
Le directeur de l'Office du tourisme tentait mardi de joindre ses collègues des offices de tourisme d'autres régions afin de faire front commun et d'unir leurs voix aux organismes pancanadiens afin de dénoncer la décision canadienne et de tenter de convaincre le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration de revenir sur sa décision. Montréal et les Laurentides sont deux autres régions très prisées par les Mexicains.
À Ottawa, les intervenants touristiques demandent au ministre de reporter au 15 novembre l'entrée en vigueur de la mesure.
Au Québec, les agences réceptives et forfaitistes suggèrent que d'ici le 15 octobre, les visiteurs mexicains puissent faire la demande de visa au moment de leur arrivée au pays. Global tourisme doit accueillir un groupe de touristes mexicains à Québec en fin de semaine. Trop tôt pour dire combien des visiteurs devront annuler leur voyage à la dernière minute, précise Pierre Tremblay.
Global tourisme se spécialise dans l'accueil des touristes étrangers et voit à toute la logistique en sol québécois. Selon M. Tremblay, son agence dispense des services à 15 000 Mexicains par année. Il n'hésite pas à lancer le chiffre de 2000 nuitées perdues pour la région si le Canada persiste dans sa décision d'imposer un visa.
Moment mal choisi
Les vrais touristes mexicains sont fortunés, voyagent en famille, magasinent beaucoup et ont un penchant pour les hôtels quatre étoiles. À Québec, ils logent très souvent au Hilton ou au Delta, de préciser M. Tremblay.
Aux pertes dans les hôtels s'ajoutent les tables délaissées dans les restaurants, les autocars laissés au garage et les caisses enregistreuses des boutiques moins garnies. Selon l'association qui regroupe les agences réceptives et forfaitistes du Québec, tel Global tourisme, les retombées économiques de la visite mexicaine a atteint 263 millions $ l'an dernier.
Le moment choisi par le fédéral ne pourrait être pire estime aussi le directeur des ventes de l'agence Amerigo Tours, Alain Paquette, selon qui les dommages seront ressentis dans plusieurs villes du pays. «C'est le début de la haute saison», a-t-il souligné. L'annulation prévisible de plusieurs expéditions aura des conséquences dramatiques non seulement pour les agences, mais aussi pour les guides, les hôtels, les restaurants et les attractions touristiques. «C'est le marché numéro quatre au niveau des marchés outremer au Canada, donc ça va être désastreux», a-t-il insisté.
La grande interrogation est de savoir quel sera le délai pour obtenir un visa, compte tenu que l'ambassade canadienne à Mexico risque d'être inondée de dizaines de milliers de demande de visa en si peu de temps.
Avec La Presse Canadienne










