«En tant que présidence de l'UE, nous sommes favorables à la réciprocité», a déclaré hier à l'Agence France-Presse le ministre suédois chargé de l'immigration, Tobias Billström.
Avant une réunion de deux jours avec ses homologues de l'UE, M. Billström a toutefois précisé qu'il revenait à la Commission européenne de faire une proposition en ce sens.
Pour sa part, la Commission européenne ne semble pas pressée d'imposer cette obligation de visa en réaction à la décision prise par le Canada concernant les Tchèques.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'est contenté de dire, hier, qu'il regrettait cette mesure. «Je m'attends à ce que cette mesure soit temporaire», a-t-il précisé au cours d'un débat au Parlement européen à Strasbourg.
«Nous allons consulter les autorités canadiennes pour avoir plus d'informations sur les raisons de leur décision et nous allons faire tous les efforts nécessaires pour rétablir la possibilité de voyager sans visa» pour les Tchèques, a-t-il ajouté.
Une clause de solidarité au sein de l'UE donne, en pareil cas, la possibilité à tous les États de l'UE d'imposer aux ressortissants canadiens un visa pour venir en Europe. Mais ce n'est pas automatique, et la procédure pour y parvenir est longue.
Selon la Commission, la décision des autorités canadiennes est motivée par le fait que «de plus en plus de Roms souhaitent s'installer au Canada et entreprennent ce voyage».
Malgré l'avis de la présidence suédoise favorable à un visa pour les Canadiens qui veulent voyager dans l'Union européenne, Citoyenneté et Immigration Canada n'a pas l'intention pour le moment de retirer l'obligation pour les Tchèques d'avoir un visa pour entrer au Canada, a indiqué hier au Soleil un de ses porte-parole, Nicolas Fortier.
D'après Gérard Verna, spécialiste en gestion et en éthique des relations internationales à l'Université Laval, il y a peu de chances que la Commission européenne impose un visa aux Canadiens qui veulent se rendre dans l'UE.
«Prendre une décision politique sur un sujet comme ça avec 27 pays, il y en a pour des mois et des mois. Le problème sera réglé bien avant, soutient-il. Ce sont des mesures de rétorsion que réclament les Tchèques. Qu'on fasse des mesures de rétorsion contre le Canada, qui est un pays allié de l'Europe et un ami, ça me paraît impossible.»
Avec l'AFP











