De 2005 à 2008, le nombre de demandeurs d'asile Mexicains est passé de 3400 à 9400, selon les données fournies mercredi au Soleil par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), qui impose depuis mardi un visa aux Mexicains - et aux Tchèques - avant de passer la frontière canadienne.
«Le nombre [de demandes d'asile de la part de Mexicains] croît sans cesse, mais malheureusement il y en a un bon nombre qui sont sans fondement», souligne Nicolas Fortier, le porte-parole de CIC. «Alors, la situation comme elle est présentement mine la capacité à offrir une protection aux personnes qui en ont vraiment besoin.»
Sur les 9400 demandeurs mexicains du statut de réfugié qui ont été entendus par la Commission de l'immigration et du statut des réfugiés l'année dernière, 89 % ont vu leur demande refusée.
Ni Citoyenneté et Immigration Canada, ni la Commission de l'immigration et du statut des réfugiés n'ont voulu commenter mercredi les raisons qui poussent de plus en plus de Mexicains à demander le statut de réfugiés au Canada.
La récession en cause
Mais selon le professeur Gérard Verna, spécialiste en gestion et en éthique des relations internationales à l'Université Laval, le resserrement de la frontière entre les États-Unis et le Mexique en raison des travailleurs illégaux et la crise économique qui frappe plus durement les Américains incite un nombre croissant de Mexicains à se tourner vers le Canada.
Ceux-ci sont également poussés par une multitude d'agences au Mexique qui leur demandent de l'argent en échange d'un emploi et de papiers au Canada.
Or, l'asile n'est octroyé qu'à ceux qui craignent d'être persécutés en raison de leur race, de leur nationalité, de leur opinion politique, de leur sexe ou de leur orientation sexuelle, notamment, «et non pour des raisons économiques», souligne Gerardo Rojas, intervenant au Centre multiethnique de Québec.
M. Rojas a lui-même déjà rencontré un demandeur d'asile mexicain à Québec qui avait payé une agence avant de se faire refuser le statut de réfugié et d'être renvoyé au Mexique. «C'est dommage, dit-il, parce qu'il y a beaucoup de monde qui vont être pénalisés par des gens malhonnêtes.»
En octobre 2008, l'ambassade du Canada à Mexico avait d'ailleurs publié une mise en garde sur son site Internet concernant ce type de fraudeurs. Un employé qui travaille en collaboration avec le gouvernement mexicain a aussi été embauché pour lutter contre ces escrocs, assure CIC.















