Visas aux Mexicains: Leticia Hoyos et sa famille ont annulé leur voyage

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Visas aux Mexicains: Leticia Hoyos et sa famille ont annulé leur voyage

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Leticia Hoyos et sa famille avaient toutes leurs réservations en main pour séjourner au Québec, mais les nouvelles mesures de visas obligatoires du gouvernement canadien les ont pris de court.

Jean-Frédéric Légaré
Le Soleil

(Québec) Comme des centaines de Mexicains, Leticia Hoyos a vu les portes de l'avion qui devait l'amener à Montréal se refermer avant même qu'elle s'aventure à l'aéroport. La décision du gouvernement canadien d'exiger un visa à tous les Mexicains à partir de 23h, mercredi soir, l'a forcée à tout annuler.

Résidante de la ville de Queretaro, à quelques heures de route de Mexico, Mme Hoyos avait tout en main depuis bientôt un mois jeudi, à 18h.

Puis, les quatre voyageurs ont appris lundi qu'un visa était désormais exigé. Un délai de grâce de 48 heures était accordé, mais, coup de malchance, leur avion partait quelques heures après son échéance. Et impossible d'obtenir un visa; il faut au minimum 30 jours pour ce faire. Ils devaient rester au Mexique.

«Nous sommes très tristes, parce que ça fait cinq ans qu'on veut prendre des vacances ensemble. Et là, on ne peut rien faire», lance au téléphone, outrée, la Mexicaine, dans un français limpide.

Chanceuse dans sa malchance, la famille n'aura perdu aucun sou dans les réservations d'hôtel et de voiture. Mais c'est une autre paire de manches pour les billets d'avion. «C'est complètement fou. C'est impossible d'obtenir un remboursement, et comme c'est la saison haute, changer les dates ne sera pas possible avant longtemps, si jamais ça l'est. Il n'y a plus de places dans les avions. En plus, il faudra payer des frais de 150 $ par billet et payer la différence s'ils sont plus chers», explique-t-elle.

«Les compagnies aériennes sont complètement débordées, elles ne sont pas habituées, poursuit-elle. Elles s'attendaient toutes à ce que le gouvernement canadien donne finalement un délai de grâce d'une semaine ou deux de plus, mais non, il ne l'a pas fait. Quand on prend ce genre de décisions, il faut les prendre correctement. Là, c'est le chaos.»

Leticia Hoyos et sa famille prévoyaient passer 10 jours au Québec, avec un détour à Ottawa. Ils devaient venir à Québec, où

Mme Hoyos a étudié pendant un an en 1998, pour aller ensuite à une rencontre d'affaires à Montréal. Elle et son frère ont une petite compagnie de fabrication de pièces de métal à Queretaro. «Le projet dont nous voulions discuter valait

500 000 $. Je vais tenter d'avoir un autre rendez-vous, plus tard dans l'année, mais peut-être qu'il sera trop tard», déplore-t-elle.

Pour l'heure, Leticia Hoyos ne sait pas si elle fera sa demande de visa. «Ça dépendra du moment où nous aurons des places dans un avion. Il faudra aussi voir si nous voulons débourser les 350 $ que ça coûtera pour avoir des visas pour les quatre membres de la famille.»

Les manchettes

La nouvelle mesure prise par le gouvernement canadien fait les manchettes au Mexique, affirme-t-elle. Sur les sites Internet des journaux nationaux El Universel et La Reforma, on peut en effet constater que la nouvelle fait des remous. «On en parle aussi à la télé et à la radio, précise Mme Hoyos. En regardant les nouvelles à la télé, j'ai vu des centaines de personnes autour de l'ambassade canadienne à Mexico. Ils veulent leur visa, mais c'est impossible de cette façon : il faut envoyer les documents par courrier. En tout cas, on voit que le gouvernement canadien aussi est débordé. Le jour où l'annonce a été faite, il était impossible de parler à qui que ce soit à l'ambassade. Tout était bloqué.»

Avant de raccrocher le combiné, Leticia Hoyos a assuré que le gouvernement canadien n'était pas dans les bonnes grâces de ses compatriotes. «J'aime bien les Canadiens, mais croyez-moi, les gens ici, présentement, les haïssent. Je ne comprends pas comment on peut prendre de telles décisions.»

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