À peine quelques heures après que le Conseil de l'Union européenne (UE) eut entériné l'interdiction du commerce des produits dérivés du phoque, le ministre canadien du Commerce, Stockwell Day, a confirmé, lundi, que le Canada demandera à l'OMC de se pencher sur le dossier.
Mais comme de tels recours peuvent prendre de longs mois, voire des années, et que l'embargo européen entrera en vigueur avant l'ouverture de la saison de la chasse l'an prochain, les chasseurs de phoques devront prendre leur mal en patience.
«Nous sommes très déçus de cette décision. Nous croyons fermement que cela viole les lignes directrices de l'OMC», a souligné le ministre Day, en point de presse aux côtés de sa collègue des Pêches et Océans, Gail Shea.
Selon Ottawa, l'embargo voté par l'UE n'a aucun fondement scientifique et n'est basé que sur des «absurdités émotives».
Le Canada est l'un des pays les plus affectés par l'interdiction européenne.
Sans débat
La décision du Conseil, regroupant les ministres des États membres de l'Union européenne, confirme la mesure votée au Parlement européen en mai dernier. Elle a été entérinée sans débat. Seules les délégations danoise, roumaine et autrichienne se sont abstenues.
La nouvelle législation entrera en vigueur 20 jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne et s'appliquera neuf mois plus tard, ce qui laisse à la Commission et aux États membres le temps de mettre en place les mesures nécessaires à sa mise en oeuvre, précise un communiqué de presse de l'UE.
Le règlement porte sur les produits dérivés de toutes les espèces de phoques, y compris les pelleteries, les organes, la viande, l'huile et la graisse, utilisés par exemple dans les cosmétiques ou les produits pharmaceutiques.
La mise sur le marché sera autorisée uniquement pour les produits dérivés du phoque provenant de formes de chasse traditionnellement pratiquées par les communautés inuites et d'autres communautés autochtones à des fins de subsistance.
Mais selon la ministre Shea, ces exceptions ne seront pas suffisantes et l'interdiction européenne fera mal aux communautés côtières, tout comme aux Inuits.
Le président de l'Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine, Denis Longuépée, trouve lui aussi que le coup est difficile à encaisser, d'autant qu'à son avis, les écosystèmes seront fortement déséquilibrés si l'on cesse un jour de chasser le loup-marin.




















