Son nom a été dévoilé lundi par les Forces armées canadiennes, un jour après celui du caporal Bobbitt. Puisque son père, René, travaille au Mexique et qu'il a été plus difficile à joindre, sa famille avait demandé plus de temps.
À Val-d'Or, où est né et a grandi le sapeur Allard, la terrible nouvelle a secoué sa famille en même temps que celle de Christian Bobbitt, samedi. La mère de Matthieu, Christine, et sa copine, Véronique, étaient particulièrement atterrées, confie la grand-tante de Matthieu, Thérèse Allard, jointe au téléphone lundi par Le Soleil.
Selon elle, Matthieu Allard était déterminé à aller en Afghanistan, mais avait pris soin d'expliquer sa décision à sa famille avant de partir. «Il a consulté son père là-dessus, il a aussi discuté avec sa grand-mère, dit Mme Allard. On ne peut pas aller contre son choix. C'était important pour lui, il avait une mission à aller faire là-bas, aider ces gens-là. La mission, ce n'est pas supposé d'être de la guerre, c'est du côté humanitaire. Et il était très fier d'aller aider ces gens-là.»
Première mission
Le sapeur Allard était parti en avril en Afghanistan, où il effectuait sa première mission au sein du génie de combat. Son travail, comme celui du caporal Bobbitt, consistait à trouver et à désamorcer les bombes artisanales dissimulées sur le bord des routes pour faciliter le déplacement des troupes canadiennes et des civils afghans.
Samedi après-midi, Christian Bobbitt et Matthieu Allard venaient de descendre de leur véhicule pour s'assurer de la sécurité des lieux à la suite de l'explosion d'une bombe artisanale survenue près du village de Senjaray, à environ 15 km de Kandahar, lorsqu'ils ont été tués par une deuxième explosion.
Les dépouilles mortelles des deux militaires canadiens sont déjà à bord d'un avion militaire qui les ramènera au Canada aujourd'hui. Les deux soldats servaient au sein du Groupe tactique du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment, en Afghanistan.
Le major Yannick Pépin, commandant du 51e escadron de génie de combat, a expliqué qu'Allard et Bobbitt étaient de grands amis. Il a décrit Matthieu Allard comme un homme très travaillant qui ne s'arrêtait pas à moins qu'on le lui dise. Quant au brigadier-général Jonathan Vance, il a dit que Matthieu Allard était un leader dans son escadron, reconnu pour sa capacité à soutenir le moral des troupes avec son humour.
Depuis le début de la mission du Canada en Afghanistan, en 2002, 127 militaires canadiens ont péri, dont neuf soldats de Valcartier en 2009.















