Le brusque changement de sujet a un peu refroidi l'ambiance dans la salle de presse. La ministre, qui a assisté discrètement à plusieurs départs de contingents de soldats de la Base militaire de Valcartier et qui offre, comme plusieurs autres politiciens, ses condoléances à chaque famille de militaire endeuillée, semblait un peu lasse de compter les morts, qui s'accumulent depuis le début du conflit. «Ce sont de jeunes gens courageux, qui vont jusqu'au bout de leurs convictions, ce qui est rare», a-t-elle commenté.
«C'est une guerre sournoise, a-t-elle ajouté, parce que tu ne connais pas ton ennemi. Je parlais avec des soldats, et ils me disaient qu'ils pouvaient sauter sur une bombe un après-midi, et avoir serré la main de celui qui l'avait faite le matin même.» L'annonce de la mort du caporal Christian Bobbitt et de Matthieu Allard, lundi, a incité la ministre à réaffirmer la position de son gouvernement : «La décision du Parlement a été très claire : les troupes canadiennes seront retirées des zones de combat en juillet 2011. Le Canada a assez donné», a-t-elle déclaré, ajoutant que les soldats ne mèneront pas des missions dangereuses dans d'autres régions.
Ils aideront plutôt à maintenir la paix : «Ce sera une autre forme d'engagement, comme de l'aide à la reconstruction ou de la formation à prodiguer», a-t-elle spécifié. Il reste tout de même deux ans avant juillet 2011, et la liste des soldats morts au combat continuera de s'allonger. Nous sommes en plein milieu de la deuxième rotation assurée par la Base militaire de Valcartier depuis le début de la mission en 2002. La première vague avait raflé 10 vies, la seconde a déjà fait neuf morts depuis la mi-avril. «Il reste entre deux et trois mois à cette rotation», a précisé Lynne Poirier, officier d'affaires publiques à la Base militaire de Valcartier. «La troisième vague est prévue à l'automne 2010.»











