Deux autres cortèges étaient partis de Montréal et de Sainte-Eulalie, près de Drummondville. L'opération baptisée Escargot en était à sa septième présentation depuis le début de la saison estivale. Les motocyclistes demandent à la ministre des Transports, Julie Boulet, de surseoir à son projet d'augmenter les droits d'immatriculation annuels des motos sport de 1030 $ à 1410 $, et ceux des motos de tourisme de 518 $ à 627 $. Depuis 2007, les propriétaires de motos sport en particulier ont encaissé des hausses de plus de 1000 $ en frais d'immatriculation.
Le gouvernement justifie ces augmentations par le fait que les motocyclistes coûteraient très cher en frais d'indemnisation, entre autres, auprès de la SAAQ. Ceux-ci n'assumeraient que 25 % de ce qu'ils coûtent. Aussi, selon Québec, même après les hausses prévues, les routards ne paieront que 60 % des frais qu'ils engendrent.
Mathieu Lachaîne, porte-parole de l'opération Escargot, rejette ces arguments du revers de la main. Selon lui, le gouvernement ne prend pas en considération la vulnérabilité des motocyclistes qui sont beaucoup plus susceptibles de subir des blessures corporelles lorsqu'ils sont impliqués dans un accident avec une automobile. «Ils font dire ce qu'ils veulent aux chiffres. Des études aux États-Unis et en Europe concluent que dans 75 % des cas d'accident impliquant une automobile et une motocyclette, c'est le conducteur de l'auto qui est fautif.»
Boucs émissaires
André Tremblay, un vieux routier dans la cinquantaine interrogé quelques minutes avant son départ, estime que les motocyclistes sont des boucs émissaires victimes de préjugés. «On est des vaches à lait! C'est ça qui m'écoeure. On nous fait assumer ce qu'ils ont dépensé ailleurs!» M. Tremblay prétend que l'État ne tient pas compte des bienfaits environnementaux des motocyclettes. «Tout ce qu'on regarde, ce sont les coûts engendrés quand un gars se pète la gueule! Mais partout où il y a des motos, il y a moins d'embouteillages et moins de pollution. Les motos occupent beaucoup moins d'espace de stationnement.»
Posant fièrement à côté de sa puissante moto sport verte et blanche pouvant atteindre la vitesse démesurée de 299 kilomètres à l'heure, Alexandra Denis-Bérubé, 19 ans, est d'avis que les mesures envisagées dissuadent les adeptes de son sport. «Je fais de la moto depuis trois ans et je ne m'attendais pas à payer autant. Ça me donne envie de la vendre.»











