Pour la première fois depuis les dernières élections, le Parti québécois se retrouve au coude à coude avec le Parti libéral du Québec au sein de l'électorat francophone avec 39 % des intentions de vote, contre 37 % pour les libéraux. En juin dernier, le PQ menait 43 à 33 contre les libéraux chez les Québécois francophones.
Le dernier sondage CROP, effectué entre le 13 et le 23 août pour le compte de La Presse et du Soleil, montre que le taux de satisfaction à l'endroit du gouvernement a dépassé à nouveau la barre des 50 % pour la première fois depuis janvier dernier, et que Jean Charest est considéré comme le meilleur candidat au poste de premier ministre, avec un score de 48 % comparativement à 34 % pour Pauline Marois. C'est son meilleur résultat depuis mai 2007.
Une répartition proportionnelle des intentions de vote donne une avance de 11 points aux libéraux sur le PQ. Le PLQ obtient 44 % des intentions de vote, un point de plus que les appuis reçus aux élections de décembre qui lui ont donné une majorité à l'Assemblée nationale.
La hausse de popularité des libéraux ne serait pas alarmante pour Pauline Marois s'il s'agissait d'un seul sondage en période de vacances. Mais les appuis au Parti québécois, en hausse pendant les mois de mars et d'avril, sont à la baisse depuis le mois de mai malgré la sévérité de la récession qui a coûté 62 400 emplois au Québec depuis le début de l'année.
Image renforcée
Normalement, c'est le parti au pouvoir qui souffre des difficultés causées par une récession, mais ce n'est pas le cas depuis le printemps dernier. Dans ce contexte, les perspectives d'une reprise économique ne peuvent que sourire au gouvernement, même si cette reprise s'annonce lente. De plus, le départ de François Legault du PQ et le recrutement de Clément Gignac par les libéraux ont contribué à affaiblir la crédibilité de l'équipe péquiste en matière économique, et à renforcer l'image des libéraux.
On peut aussi imaginer que la défaite du candidat du PQ Paul Crête aux élections partielles de juin dans Rivière-du-Loup a contribué à ébranler la confiance de l'électorat dans l'équipe péquiste. Selon Claude Gauthier, de la maison CROP, il n'est pas normal que le PQ ne profite pas de la déconfiture de l'ADQ, qui n'a plus que 8 % dans les intentions de vote.
Quoi qu'il en soit, les députés se retrouveront sous peu à l'Assemblée nationale, puisque la réforme parlementaire adoptée le printemps dernier prévoit le retour en chambre dès la mi-septembre. Même s'il n'y a pas d'élections générales en vue, les pressions seront fortes sur Pauline Marois, dont le leadership demeure assuré mais dont les militants attendent des résultats plus probants.
Les résultats de ce sondage reposent sur 1003 entrevues téléphoniques. CROP rappelle que d'un point de vue statistique, un échantillon de cette taille est précis à trois points près, 19 fois sur 20.


















