Lutte au déficit: Charest craint des coupes d'Ottawa

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Lutte au déficit: Charest craint des coupes d\'Ottawa

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Jean Charest a dit vouloir «interpeller tous les citoyens» d'ici au budget du printemps 2010 afin d'identifier les sacrifices qui devront être faits pour rétablir l'équilibre budgétaire.

La Presse Canadienne

Simon Boivin
Le Soleil

(Saint-Hyacinthe) Déjà aux prises avec un budget rouge foncé, Jean Charest prie pour qu'Ottawa ne complique pas la situation en résorbant son propre déficit sur le dos des provinces.

En clôture d'un caucus préparatoire du PLQ, mercredi, le premier ministre du Québec s'est interrogé sur la façon dont Ottawa entend retrouver le chemin de l'équilibre budgétaire. Rien que cette année, le fédéral s'attend à un déficit de plus de 50 milliards $.

Selon M. Charest, tous les partis fédéraux doivent dire quelles sont leurs pistes de solution au problème. «Un pourcentage important du budget fédéral est composé de transferts dans les domaines de la santé, de l'éducation postsecondaire, des transferts sociaux, la péréquation, s'est inquiété M. Charest. Voilà une question importante et je pense qu'il faut la poser.»

Au cours des années 90, le gouvernement fédéral avait considérablement réduit ses transferts aux provinces pour résoudre ses difficultés financières.

Le premier ministre Charest, qui a annoncé une hausse d'un point de la TVQ pour janvier 2011, ne semble pas craindre qu'Ottawa lui dame le pion en récupérant plus rapidement les points de TPS abandonnés au cours des dernières années.

Il faudra attendre le mois d'octobre pour savoir si le déficit du Québec sera supérieur aux 3,9 milliards $ anticipés.

Des choix difficiles

En attendant, Jean Charest promet une rentrée parlementaire «sous le signe de l'économie». Des choix difficiles devront être faits, prévoit M. Charest. Les Québécois seront donc conviés d'ici le printemps à un débat public sur les mesures à prendre pour renouer avec le déficit zéro. La formule de cette «discussion» reste à déterminer.

«On a annoncé que nous voulions faire une discussion sur la question des tarifs, réitère M. Charest. C'est de là qu'on va partir.» Les hausses d'impôt ne font pas partie des scénarios, ajoute-t-il.

Le premier ministre exhorte le Parti québécois à appuyer le projet de loi 40, qui suspend pendant quatre ans l'interdiction pour le gouvernement de faire un déficit. Période au cours de laquelle le Québec alourdira son déficit accumulé de 11,5 milliards $, selon les prévisions.

«On a tendu la main au PQ, nous avons fait des compromis, nous nous attendons maintenant à ce que chaque parlementaire assume ses responsabilités», a déclaré M. Charest, pour qui la «crédibilité» des finances publiques est en jeu.

Par ailleurs, les libéraux cachaient mal leur satisfaction du sondage CROP-La Presse-Le Soleil publié mercredi. Le coup de sonde place le PLQ à 44 % des intentions de vote, contre 33 % pour le PQ, et la cote de popularité de M. Charest est à son meilleur depuis deux ans.

Sans commenter directement, le premier ministre estime que la population réalise que le Québec est l'endroit «au monde» qui se tire le mieux de la crise économique. M. Charest a dit adorer son travail et projette même de solliciter «un quatrième mandat».

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