Le PLC de Michael Ignatieff doit trouver un moyen de reprendre ses acquis en Ontario. En ce moment, il existe une égalité statistique avec les conservateurs.
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Le plus récent sondage réalisé par la firme Nanos pour le compte de La Presse accorde 37,5 % des intentions de vote aux conservateurs, 33,4 % aux libéraux et 14,8 % au Nouveau Parti démocratique. Par rapport au dernier sondage Nanos paru au début août, le PC a gagné 6,2 points à l'échelle canadienne, alors que le PLC a subi un léger recul de quatre dixièmes de point. Le grand perdant est le NPD de Jack Layton, en baisse de quatre points. Fait à noter, 24,6 % des électeurs se disent indécis. Au Québec, ce taux est de 23 %.
Évolution des intentions de vote (tableau)
Le Bloc au Québec
Au Québec, le Bloc québécois demeure en tête, à 37,3 %, suivi des libéraux à 32,5 % et des conservateurs à 19,3 %. En hausse de six points, c'est néanmoins le PC qui fait les gains les plus importants au Québec. Le BQ gagne deux points, tandis que le PLC en perd deux.
Selon Nick Nanos, président de la firme de sondage, le regain des conservateurs s'explique par divers facteurs, dont au premier chef les rumeurs d'élections. «Je crois que le sondage reflète quels leaders ont été les plus actifs et présents dans les médias. Jack Layton a été un spectateur depuis 30 jours alors que les Canadiens se demandent si Ignatieff va tenter de renverser le gouvernement. Dans ce genre de situation, les réflecteurs se tournent vers le premier ministre et le chef de l'opposition.»
Minoritaire
Si des élections avaient lieu aujourd'hui, le Parti conservateur formerait un gouvernement minoritaire à quelques sièges d'une majorité, enchaîne M. Nanos. «Le PC et le PLC gagneraient des sièges et le NPD en perdrait.»
L'amélioration de la situation économique est un facteur à prendre en considération, continue M. Nanos. Règle générale, la bonne santé de l'économie favorise le gouvernement en place. «Mais les conservateurs doivent être prudents et ne pas se montrer arrogants parce que leurs adversaires pourraient rappeler les ratés autour du budget en décembre et la crise qui a failli précipiter la chute de Harper et de son gouvernement.»
Le fort pourcentage d'indécis, 24,6 % à l'échelle du pays, ne surprend pas Nick Nanos. «En général, quand il y a des élections dans l'air, beaucoup de gens choisissent de rester indécis pour se donner le temps de réfléchir. Les taux les plus élevés sont observés juste avant et au début d'élections.»
«Ces indécis sont vraiment la wild card en ce moment parce qu'ils peuvent aller n'importe où. Rien n'est acquis ni pour le PC, ni pour le PLC.»
Stephen Harper doit jouer franc-jeu, poursuit M. Nanos, et se dire prêt à déclencher des élections si c'est le souhait de l'opposition. «Mais les conservateurs doivent continuer d'affirmer que leur préférence est de gouverner et espérer une embellie économique qui leur donnerait un avantage avant de tomber en élections.»
Dans le camp libéral, il est important de développer une stratégie qui fera que le PC n'augmentera pas ses appuis au Québec, dit M. Nanos. «Le PLC doit aussi trouver un moyen de reprendre ses acquis en Ontario. En ce moment, il existe une égalité statistique avec les conservateurs, alors que traditionnellement les libéraux ont de 5 à 10 points d'avance. Ces chiffres doivent inquiéter beaucoup le PLC. Il a lancé son offensive publicitaire car il voit ses appuis fondre au Québec et en Ontario.»
Méthodologie
Le sondage téléphonique a été réalisé par échantillons aléatoires du 28 août au 2 septembre auprès de 1003 personnes partout au Canada. La marge d'erreur est de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20. La marge d'erreur des 756 sondés décidés est de 3,6 %, 19 fois sur 20.










