Si Jean Charest n'avait pas «rabaissé» les règles d'éthique, toute cette histoire autour des intérêts de David Whissell n'aurait jamais vu le jour, croit M. Bédard. «C'est le premier ministre qui est responsable de ça, dénonce-t-il. Il s'en lave les mains aujourd'hui, mais c'est lui le premier responsable.»
Le Parti québécois reproche au chef du gouvernement de ne pas s'être «porté garant» de l'étanchéité entre la fonction de ministre et l'octroi de contrats. Il soutient que M. Charest ne s'est pas montré «à la hauteur des attentes des Québécois».
Notons au passage que Pierre Arcand, ministre des Relations internationales, s'est départi en juin de ses actions dans Metromedia Plus, une firme spécialisée dans les panneaux publicitaires placés dans les réseaux de transport en commun à Montréal. La polyclinique dans laquelle le ministre Yves Bolduc a des intérêts à Alma ne fait pas affaire avec l'État, a assuré M. Charest, mercredi.
«Je pense que M. Charest est plus intéressé par son image publique que par la protection des règles de conflit d'intérêts», a laissé tomber Stéphane Bédard.
En réflexion
D'après lui, d'autres questions se poseront quant à la situation de M.?Whissell au cours des prochaines semaines. La Loi sur l'Assemblée nationale pourrait être invoquée contre le député d'Argenteuil. M. Bédard estime probable que l'ex-ministre abandonne sa circonscription avant la fin du mandat. «J'ai compris que M. Whissell entrait dans une réflexion parce qu'on a beaucoup parlé de lui au passé, dit-il. On l'a même félicité pour son travail dans le comté. Est-ce qu'il va démissionner comme député? Je comprends qu'il est en réflexion là -dessus.»
L'ADQ a aussi l'impression que le premier ministre a cherché à «préserver les apparences» d'un «gouvernement d'images».
M. Charest «avait l'éthique pas mal élastique, et l'élastique a pété et ça lui revient à la figure», a donné pour image le leader parlementaire adéquiste, Marc Picard. «Il ne gère pas le Québec, il gère une image de bon gouvernement qui fait peu de vagues.»
L'adoption d'un code de déontologie des parlementaires et la nomination d'un commissaire à l'éthique doivent être «très rapides», d'après M. Picard.
Du côté de Québec solidaire, l'unique député Amir Khadir trouve que le premier ministre a été lent à réagir. «Je trouve qu'il a pris beaucoup trop de temps à mesurer l'indignation chez la population», a-t-il affirmé.




















