L'aspirant chef Taillon a porté le coup le plus dur de la course, hier, en accusant M. Caire d'être «un tricheur». Il a commis une «faute impardonnable», selon lui, et «trompé les Québécois» en indiquant détenir ou poursuivre un diplôme universitaire.
«Cela jette un discrédit sur l'image d'intégrité, de rigueur et de cohérence de l'ensemble du parti», charge le candidat Taillon, qui demande à son adversaire d'abandonner la lutte.
Des trois curriculum vitae de M. Caire disponibles sur le Web, l'un donnait à penser - jusqu'à hier matin - que M. Caire a obtenu un baccalauréat à l'Université Laval en 1993. Or, il n'a pris part qu'à une session de cours. Hier matin, un tiret a été ajouté après 1993, comme cela était déjà le cas pour son CV sur le site de l'Assemblée nationale, afin d'indiquer que la scolarité est en cours ou non complétée. L'autre CV de M. Caire, disponible sur son site personnel et celui de l'ADQ, fait totalement abstraction de sa présence à l'Université Laval.
«De l'usurpation»
Pour Gilles Taillon, il est clair que M. Caire «a falsifié son CV pour affirmer qu'il détient ou poursuit» un baccalauréat. «C'est de l'usurpation pure et simple», lance M. Taillon dans un message aux militants.
Pourtant, le coprésident de la campagne de M. Taillon, François Bonnardel, se trouve «tout à fait» dans la même situation, d'après Florent Francoeur, pdg de l'Ordre des conseillers en ressources humaines du Québec. Le même expert qui, hier, à un cadre du Journal de Montréal en lock-out, notait que M. Caire n'était «clairement pas correct» en laissant entendre dans un CV qu'il détenait un bac. «Il devrait indiquer ce qu'il a réussi ou non», indiquait-il.
Dans le site de l'Assemblée nationale, le CV de M. Bonnardel étale différentes formations reçues au Collège militaire royal de Saint-Jean, ainsi que l'année 1986. Il est aussi question d'«études en sciences» au Cégep du Vieux-Montréal, et de l'année 1987. Or, M. Bonnardel ne détient aucun diplôme d'études collégiales.
«Ça fait bizarre», commente M. Francoeur. «Normalement, c'est le genre de choses qu'on va inviter les gens à faire disparaître de leur CV s'ils n'ont pas diplômé, ajoute-t-il. Surtout quand ça fait aussi longtemps. Ça n'a aucune valeur.» Des inscriptions du genre vont allumer un voyant chez n'importe quel responsable des ressources humaines, croit-il. Selon lui, en matière de CV enjolivés, dans les cas de MM. Caire et Bonnardel, «on est dans les mêmes eaux».
Preuve que les mots peuvent prêter à confusion, l'attaché de presse de M. Taillon, qui ne connaissait pas la scolarité de M. Bonnardel, a cru qu'il détenait un diplôme d'études collégiales lorsque Le Soleil lui a parlé de ses «formations».
«Moi, quand quelqu'un se présente et dit : ?J'ai une formation en quelque chose?, je lui demande pas son diplôme, mais je conclus qu'il en a un», affirme André Verrette.
Pour le clan Caire, l'attaque de M. Taillon relève d'une tactique «désespérée» pour abattre son adversaire.











