«Ce qui me torture le plus, c'est de laisser le champ libre à ces gens-là», a confié M. Taillon au Soleil, mardi. Confronté à un retour du cancer qu'il a vaincu en 2005, l'aspirant chef dira d'ici demain s'il continue la course tout en combattant la maladie.
«C'est épouvantable, poursuit l'ex-député de Chauveau. C'est clair que si ma maladie m'amène à partir, ils ont le champ libre. C'est une attitude, des idées et une stratégie d'extrême droite» qui sévissent dans le camp Caire.
Politicien blessé
Le politicien est blessé par les reproches quant aux assauts menés au cours des derniers jours sur le curriculum vitae d'Éric Caire. Lui qui se dit la cible d'attaques constantes orchestrées en sous-main par son adversaire, le député de La Peltrie.
«Dans une course, il faut éviter ces choses-là, convient M. Taillon. Mais eux [le camp Caire], ils pratiquent ça à tour de bras. À un moment donné, tu es tanné de tendre la joue.»
Il en a particulièrement contre certains propos tenus sur des blogues et qui l'accusent «de tous les maux». Il nomme les sites de Joanne Marcotte, réalisatrice de L'illusion tranquille, de Pierre Morin, directeur de cabinet de leader parlementaire de l'ADQ, et de l'ex-députée de Charlesbourg, Catherine Morissette.
«Moi, je déplore le ton hargneux et les attaques virulentes de ces gens-là, dit M. Taillon. Ils sont à la solde de M. Caire. [...] Ils font les basses oeuvres, et lui joue à ?Je n'attaque personne''. Voyons donc. On est exactement comme aux États-Unis. L'extrême droite qui dénigre constamment.»
Il semble que la «gang de sbires» de M. Caire a finalement fait sortir M. Taillon de ses gonds. «Vous ne m'avez jamais vu avant vendredi déblatérer contre quiconque, note l'ex-numéro deux de l'ADQ. Mais là, c'est trop.»
Déçu des médias
Le politicien ne cache pas une certaine déception par rapport à certains médias, dont Le Soleil, qui ont critiqué ses sorties des derniers jours. Les attaques du camp Caire, elles, n'étaient jamais soulevées, dit-il. «Vous ne dénoncez pas ça, mais vous êtes prompts à écrire des articles pour dire : "Ah, c'est effrayant ce qu'il est dur''. Il n'est pas dur. Il est écoeuré.»
D'autant qu'il était légitime de poser des questions sur le CV de M. Caire, maintient M. Taillon.
«Si tu n'as pas de bac, tu l'enlèves, persiste M. Taillon. Et s'il l'a mis, c'est parce qu'il sait que pas de bac, il ne pourra pas être premier ministre. Il y a des limites à tricher.»
Il juge aussi très minces les chances que l'autre candidat, Christian Lévesque, accède aux plus hautes fonctions de l'État québécois sans détenir lui non plus un diplôme d'études collégiales.
«Ça va être dur en maudit, croit M. Taillon. Quand les gars n'ont pas les qualifications minimales ni en formation ni en expérience pour être techniciens... Ils ne passeraient pas un concours pour être techniciens au gouvernement du Québec. [...] Ce serait dommage pour l'ADQ.»
Tant que sa décision finale n'est pas rendue, M. Taillon refuse d'abandonner la lutte. Il songe actuellement à une formule de «course modifiée» où il ne participerait qu'aux débats, et laisserait ses coprésidents François Bonnardel et Linda Lapointe faire une tournée du Québec. Cela lui permettrait de suivre ses traitements quotidiens à Gatineau, qui peuvent débuter d'un jour à l'autre.
«C'est tout un coup de poing en pleine face que j'ai reçu vendredi, souligne M. Taillon. Je ne l'ai pas trouvé drôle du tout. Je ne l'ai dit à ma femme que dimanche matin.»
«Mais je ne suis pas encore parti», laisse-t-il tomber, en insistant sur chaque mot.











