La plupart des militaires déployés croient en la mission en Afghanistan, soutient l'armée

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Des militaires ont rendu hommage au soldat Jonathan... (Photo La Presse Canadienne)

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Des militaires ont rendu hommage au soldat Jonathan Couturier, hier, à Kandahar.

Photo La Presse Canadienne

 

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

(Québec) La famille de Jonathan Couturier, décédé jeudi en Afghanistan à l'âge de 23 ans, est peut-être la première à affirmer publi­quement qu'un soldat croyait plus ou moins en sa mission, mais il ne s'agirait pas d'une tendance chez les militaires, même si l'armée reconnaît que la situation peut parfois se présenter.

«Ça se peut-tu que dans le lot, il y en a qui ne veulent pas être là [en Afghanistan]? Oui», consent l'officière d'affaires publiques à la base de Valcartier, Lyne Poirier. Mais c'est tout de même la première fois, à sa connaissance, qu'une famille l'exprime de cette façon dans les médias. Dans la plupart des cas, les commentaires des familles sont plutôt favorables au rôle que joue le Canada en Afghanistan. Et «je ne les paie pas pour qu'elles disent ça!» dit-elle.

La famille de Jonathan Couturier a tenu à préciser hier que le soldat aimait son travail bien qu'il avait très hâte de rentrer chez lui et de retrouver sa conjointe.

Mme Poirier précise, en général, que si un soldat «ne veut vraiment pas être déployé, il y a des mécanismes à sa disposition».

«Ils n'ont pas un fusil sur la tempe pour embarquer dans l'avion.» Avant le déploiement, poursuit-elle, «il y a des entrevues avec des médecins, des travailleurs sociaux [aussi en présence des conjoints], et ils peuvent s'exprimer en toute confidentialité».

Pression sociale

Le beau-père de la victime, Ghislain Lavoie, n'est pas convaincu. À son avis, il y a une espèce de «brain washing qui se fait avant [de partir], et qui fait en sorte que tout ça ne tient plus». La pression sociale des con­frères pourrait aussi faire en sorte qu'un soldat occulte quel­que peu ses réticences. «S'ils s'apprêtent à partir, c'est sûr qu'ils ne diront pas haut et fort qu'ils ne veulent pas y aller», explique l'officière Poirier. Mais d'une façon ou d'une autre, conclut-elle, ces mécanismes existent et «il ne faut pas se mentir, [le déploiement] ça fait partie de la job».

Les soldats que Le Soleil a rencontrés hier près de la base militaire ont déjà été aux prises avec des confrères qui n'acceptaient pas facilement leur déploiement.

«Ça peut arriver des fois, il y en a qui veulent pas nécessairement y aller, quand ça fait plusieurs fois, ils sont écoeurés d'y aller aussi... Il y a plein de facteurs. Des fois, tu peux y aller de reculons, si il y a des choses qui t'attendent chez vous, des fois ça te tente pas trop... mais c'est minime. Les gars, la plupart du temps, ils veulent y aller là-bas. Moi, dans mon cas, je vais y aller, j'attends mon tour!» dit Yan Forgues.

Un ex-militaire croisé à Shannon avoue que «c'est sûr que c'est mal vu s'ils n'y vont pas», mais que, d'un autre côté, la motivation est la règle générale. «Regarde, j'ai des chums là-bas que ça fait trois fois. Ils y retourneraient une quatrième s'ils avaient le droit!» dit le jeune homme. Ce dernier, qui a préféré ne pas se nommer, a décidé de ne pas reconduire son contrat avec l'armée. Il avait dû interrompre son déploiement en raison des problèmes de santé de sa conjointe, qui souffrait d'une dépression. «C'est dur pour ceux qui restent ici aussi», dit-il.

La date des funérailles de Jonathan Couturier n'a pas encore été fixée, mais elles devraient se tenir d'ici la fin de la semaine prochaine ou au plus tard au début de la semaine suivante.

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