Le président de l'Association des garderies privées du Québec, Sylvain Lévesque, en convient. Il possède deux entreprises. La première est subventionnée et offre les fameuses places à 7 $. L'autre ne reçoit pas de subsides de l'État et facture 35 $ la journée. Là, malgré le crédit d'impôt, plusieurs familles finissent par débourser entre 10 $ et 15 $.
Pourtant, les parents en quête d'une place pour leur poupon se font souvent servir la même réplique lorsqu'ils mettent en question une facture atteignant 35 $ la journée : «De toute façon, avec le crédit d'impôt, ça vous revient au même prix que les garderies à 7 $.»
Une précision s'impose d'emblée : les «vraies» places à 7 $ ne coûtent pas 7 $! Une fois les déductions fiscales fédérales soustraites, la plupart des chanceux en dénichant une paient en deçà de 3 $.
Manque de places
Mais, peu importe le prix, il manque de places subventionnées. Lors du dernier budget, le gouvernement québécois avait donc annoncé une bonification du crédit d'impôt pour frais de garde. Celle-ci devait soulager les enfants du secteur privé ou, plutôt, soulager le budget de leurs parents qui déboursaient environ 25 $ par jour. C'était, jusqu'alors, le montant maximal admissible pour obtenir le remboursement gouvernemental.
Québec l'a toutefois augmenté à 35 $... Des garderies privées l'ont noté. «La tarification a suivi», admet Sylvain Lévesque. Résultat, même en calculant toutes les déductions fiscales, les parents de la classe moyenne ne paient pas 3 $ par jour. Plusieurs ne déboursent pas 7 $. «Ce n'est pas 7 $, mais c'est quand même mieux que 35 $.»
Calculateur
Le ministère des Finances a mis en ligne un pratique calculateur à l'intention des parents, au www.finances.gouv.qc.ca. Il suffit de cliquer à «Coût de garde quotidien en 2009», à droite. On y découvre qu'à un tarif de 35 $ la journée par enfant, il faut un revenu familial d'environ 45 000 $ pour obtenir un prix semblable à celui offert dans le réseau public. Plus «riches», plus cher.
Sylvain Lévesque souligne néanmoins que la gestion d'une garderie de qualité est dispendieuse. Principalement pour les entreprises accueillant beaucoup d'enfants. Celles-là doivent embaucher du personnel qualifié.
Les garderies devront compter sur au moins les deux tiers d'éducatrices détenant un DEC d'ici 2011, note-t-il. Des employées formées rares qui exigent un salaire compétitif. Il serait également plus difficile pour les garderies privées de combler leurs places vacantes, ce qui engendre des pertes.
M. Lévesque comprend les parents qui voudraient profiter du réseau à 7 $ plutôt que de devoir décaisser 700 $ par mois en attendant la saison des impôts. Mais il manque tellement de places pour les petits que le privé est un incontournable : «On est dans un panier sans fond. [...] Il n'y a jamais assez de places.»











