Le député fédéral de Bourassa juge qu'il n'a plus désormais «l'autorité morale» pour occuper ses fonctions, qui consistaient notamment à recruter des candidats pour chacune des 75 circonscriptions de la province.
Vendredi, le leader du PLC, Michael Ignatieff, a renversé la décision de M. Coderre de désigner la femme d'affaire Nathalie Le Prohon à titre de candidate dans Outremont, et lui a préféré l'ancien ministre Martin Cauchon.
M. Coderre, qui délaisse également ses fonctions de porte-parole en matière de défense, croit qu'une telle prise de position envoie un bien étrange signal aux troupes libérales québécoises.
Garde rapprochée de Toronto
«Le message qui est envoyé par ces récents événements est le suivant: si vous voulez avoir gain de cause au Québec, vous n'avez qu'à court-circuiter les autorités québécoises du parti en vous adressant plutôt à la garde rapprochée de Toronto», s'est-il désolé en conférence de presse lundi à Montréal.
Selon lui, les conseillers torontois de Michael Ignatieff ont «une méconnaissance totale de la réalité sociale et politique québécoise».
Conserver son rôle de lieutenant dans de telles circonstances, a-t-il ajouté, serait trahir la raison même de son implication politique, les Québécois qui l'ont élu ainsi que son parti.
M. Coderre, qui entend rester malgré tout député de Bourassa, a néanmoins réitéré sa confiance envers Michael Ignatieff et le fédéralisme canadien.
Joint au téléphone, le député de Saint-Léonard-Saint-Michel, Massimo Pacetti, s'est dit déçu de constater que M. Coderre ait «pris personnellement» l'issue de son duel avec Martin Cauchon.
«On ne peut pas gagner toutes nos batailles, il faut voir ça comme un pas en avant», a-t-il conclu. À son avis, cette démission pourrait être l'occasion de repenser le rôle de lieutenant politique pour le Québec, qui en a beaucoup sur les épaules, et faire par exemple reposer ce poids sur plusieurs personnes à la fois.










