Intentions de vote au Québec: Harper toujours bon troisième

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Le coup de sonde donne le Bloc québécois... (Reuters)

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Le coup de sonde donne le Bloc québécois de Gilles Duceppe toujours premier, avec 33 % des intentions de vote, suivi des libéraux de Michael Ignatieff, à 26 %, et des conservateurs de Stephen Harper (photo), à 21 %.

Reuters

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Le premier ministre fédéral Stephen Harper est en train d'accomplir une petite résurrection au Québec, d'après le dernier sondage de la maison CROP. Rien de spectaculaire. Rien, même, pour quitter sa troisième place dans le coeur des Québécois. Mais assez pour que son parti redevienne une force politique digne de ce nom dans la Belle Province.

Résultats du sondage (tableaux)

Le coup de sonde donne le Bloc québécois toujours premier, avec 33 % des intentions de vote, suivi des libéraux de Michael Ignatieff, à 26 %, et des conservateurs, à 21 %. Le Nouveau Parti démocratique ferme la marche, avec un score de 13 %.

Ces nouvelles données confirment la difficulté qu'ont éprouvée les libéraux fédéraux à maintenir l'«effet Ignatieff» dont ils avaient bénéficié dans les mois qui ont suivi le couronnement de leur nouveau chef, perdant neuf points depuis juin dernier. Ce sont principalement leurs rivaux conservateurs qui ont profité de cette faiblesse, passant de 13 à 21 % des intentions de vote. Le Bloc a gagné deux points pendant la même période, alors que le NPD en a cédé cinq.

«Le gouvernement a pu bénéficier de la situation au Parti libéral [où le leadership de M. Ignatieff a été questionné dans la foulée de l'investiture d'Outremont], dit Maïalène Wilkins, directrice de projet chez CROP. La collecte des données s'est faite en partie pendant les discussions au sujet d'Outremont. Les conservateurs ont aussi pu profiter du fait que les gens ne veulent pas d'élections maintenant.» Et la période estivale, traditionnellement favorable au gouvernement en place, ne leur a certainement pas nui.

Le même phénomène s'observe au sujet de la satisfaction à l'égard du gouvernement, qui a crû de 34 à 40 % au cours de l'été, et de la popularité des chefs de parti. À la question de savoir «qui ferait le meilleur premier ministre du Canada», 28 % ont confié une préférence pour M. Ignatieff, contre 23 % chacun pour M. Harper et le chef du NPD, Jack Layton. C'est toutefois là une première place douce-amère pour les libéraux, dont le chef obtenait 35 % d'appui en juin, contre seulement 14 % pour M. Harper.

Chez les francophones, le Bloc domine à 39 %, contre 22 % pour les libéraux et 20 % pour les conservateurs. Enfin, si des élections avaient lieu cet automne, on assisterait à une lutte à trois dans la région de Québec, où les principaux partis obtiennent entre 25 % (PCC) et 26 % (PLC et BQ) des intentions de vote.

Notons que les 1000 répondants du sondage lui donnent une précision de ± 3 % 19 fois sur 20, mais que la fiabilité est moindre pour les sous-échantillons régionaux ou linguistiques.

Beau fixe

En politique provinciale, le temps est au beau fixe pour les libéraux du premier ministre, Jean Charest, auquel les mauvaises nouvelles refusent obstinément de coller. Les questions d'éthique avec lesquelles l'opposition l'a poursuivi au début de septembre, obtenant même la tête du ministre David Whissel, n'ont pas semblé nuire aux libéraux, qui obtiennent 43 % des intentions de vote - soit exactement le même score qu'aux dernières élections. Le Parti québécois fait lui aussi du sur place, avec 35 % des intentions de vote, tandis que l'Action démocratique doit se contenter d'un maigre 7 %.

«L'affrontement [parfois acerbe] entre les candidats à la direction de l'ADQ a semblé ternir l'image du parti, dit Mme Wilkins. En mai dernier, 48 % de la population croyait que l'ADQ survivrait au départ de Mario Dumont, mais ils n'étaient plus que 33 % ce mois-ci.»

 

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