Les contribuables québécois jouissent aujourd'hui d'une marge de manoeuvre qu'ils ne possédaient pas il y a cinq ans, a fait valoir le ministre Raymond Bachand.
Le titulaire des Finances cherchait à justifier les hausses de tarifs de plusieurs services, dont ceux d'électricité. Elles devraient être décrétées ou votées à partir du printemps prochain.
Les familles québécoises gagnant entre 25 000 $ et 75 00 $ «ont entre 5000 $ et 8000 $ de plus dans leurs poches». Un coussin né des baisses d'impôts consenties par Québec et Ottawa, et de la bonification des allocations familiales, a-t-il dit.
Le premier ministre Jean Charest a prévenu que son gouvernement fera face à la situation. Il prendra des décisions «pas toujours populaires, pas toujours faciles», mais nécessaires et incontournables, selon lui. Y compris, éventuellement, des mesures touchant le «bloc patrimonial» d'Hydro-Québec, c'est-à-dire une gigantesque quantité d'énergie dont le prix est gelé à 2,8 cents le kilowattheure depuis 2000.
Un sou supplémentaire rapporterait quelque 1,5 milliard $ de plus par année dans les coffres de l'État. Pour une maison moyenne, cela signifierait une facture de 250 $ de plus annuellement.
L'opposition officielle rejette cette logique. Ni le gouvernement ni le premier ministre «n'ont donné l'exemple avant de demander plus de contributions aux Québécois», a dénoncé la chef du PQ, Pauline Marois.
Elle rappelle qu'Hydro-Québec a déjà augmenté ses tarifs de plus de 18 % depuis cinq ans et qu'elle entend encore déjà les accroître de 8 % au cours des cinq prochaines années. «Et maintenant le premier ministre a le bloc patrimonial dans sa mire!» Plutôt que de puiser «de l'argent dans les poches des Québécois», Mme Marois exhorte le gouvernement à récupérer les 8 milliards $ qu'il a laissés sur «la table à Ottawa».
La liste du PQ comprend 2,6 milliards $ que le gouvernement Charest a officiellement lui-même réclamés au titre de l'«harmonisation de la TVQ et de la TPS». Elle inclut par ailleurs, et notamment, 1,25 milliard $ en péréquation, 800 millions $ pour le financement de l'éducation post-secondaire, 500 millions $ pour l'aide sociale et 421 millions $ pour la crise du verglas de 1998.
Pour calmer le jeu avec les grands syndicats de la fonction publique, la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, a de son côté insisté pour dire que son gouvernement entend certes ramener le taux de croissance des dépenses de programmes de 4,5 % à 3,15 % par année, mais que cette cible représente tout de même une augmentation.












