Un premier volet de cette campagne de communication «audacieuse, créative et originale» du DGE visant à augmenter le taux de participation des jeunes aux élections municipales était déjà en ligne, jeudi, avant son dévoilement officiel aujourd'hui en conférence de presse.
La vidéo d'un peu moins de trois minutes parodie les émissions du style François Paradis ou Jean-Luc Mongrain. L'imitation est à s'y méprendre, d'autant plus que la capsule a été tournée dans un vrai studio de télévision, à Radio-Canada Québec. Il s'agit du premier d'une série de huit épisodes, qui seront là où vont les jeunes, sur YouTube. Un site Web sera aussi mis en ligne dans les prochains jours pour accompagner les vidéos.
Le Soleil a visionné cette vidéo en compagnie de quatre étudiants du Cégep Limoilou.
L'animateur commence son sermon. Les jeunes le regardent, intrigués. «On s'en souvient, dit l'acteur, personne est allé voter au Québec, personne, pas un chat, miaou! [il cherche le chat], t'es pas allé voter, minou, hein?» Les étudiants éclatent de rire... L'animateur explique ensuite que les services municipaux sont abandonnés parce qu'il n'y a plus personne pour diriger la ville, «tout est jammé, confituré comme on dit dans l'est».
L'exagération est poussée encore plus loin lorsqu'il lance un reportage pour illustrer la situation. On y voit d'épouvantables nids-de-poule, des édifices municipaux barrés, des ordures dans la rue... Éclat de rire généralisé. «Ça a pas d'allure», rigole-t-on. «C'est marrant!», dit l'une, «c'est n'importe quoi, là!», s'exclame l'autre.
Tout sourire, nos quatre cégépiens disent qu'ils ont apprécié. «Bien moi, c'est sûr que j'allais voter alors ça change pas grand-chose, mais je l'ai trouvé ben drôle», avoue Marie-Lou Hudon. «Je pense, ajoute l'étudiante de 19 ans, que ça va faire un bon travail pour faire réaliser aux gens qu'on doit vraiment aller voter, que c'est important.»
Johannie Guay-Lachance vient d'avoir 18 ans et dit qu'elle ira voter, mais manque d'information. «La pub est bonne, mais, c'est sûr que les élections municipales, c'est un peu plus négligé que les élections du Québec, tsé, comme moi, je ne sais pas c'est quand les élections municipales par chez nous!»
Incitation humoristique
Cette campagne va-t-elle inciter les gens à aller voter? «Moi, je dis que oui, je suis sûre que oui! répond Myriam Bacira. Parce que c'est sûr qu'avec un ton humoristique comme ça, il va y avoir du monde qui vont être intéressés et qui vont y aller.»
Michael Fournier, lui, est moins optimiste. La campagne aidera peut-être, explique-t-il, mais il déplore que les politiciens «ne vont pas chercher le public jeune, donc on ne sait pas vraiment ce qu'ils proposent». Raison pour laquelle il ne prévoit pas se rendre voter.











