Entente relative à la culture: Québec attend encore après Ottawa

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On ne pourra estimer les négociations ouvertes que... (Archives Radio-Canada)

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On ne pourra estimer les négociations ouvertes que lorsque le ministre James Moore aura répondu à l'invitation de la ministre Christine St-Pierre, qui le pressait, dans une lettre datée du 23 mars et obtenue par Le Soleil, de «désigner des interlocuteurs dans les plus brefs délais».

Archives Radio-Canada

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Le gouvernement fédéral n'a encore désigné aucun négociateur pour ouvrir des pourparlers officiels avec le Québec sur la «maîtrise d'oeuvre» en matière de culture et de communications.

Plus d'un an et demi après avoir réclamé d'Ottawa l'entière gestion des fonds fédéraux dans ces deux domaines - et après avoir réitéré la même demande un an plus tard dans une autre lettre, le gouvernement Charest continue toujours d'attendre l'ouverture de négociations officielles.

À Québec et à Ottawa, on refuse de confirmer les informations du Soleil à l'effet qu'Ottawa n'a toujours mandaté aucun négociateur. De part et d'autre, on se contente de dire qu'«on ne négocie pas sur la place publique».

Si la porte-parole de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, et celle du ministre du Patrimoine canadien, James Moore, se permettent tout de même d'employer le verbe négocier, c'est que les deux ministres ont évoqué le sujet lors de leurs rencontres. Ils en ont discuté.

Les ministres se parlent. Il n'y a pas eu de fin de non-recevoir d'Ottawa, souligne une source à Québec. Mais le fait est qu'il n'y a toujours pas de négociations à proprement parler.

On ne pourra les estimer ouvertes que lorsque le ministre Moore aura répondu à l'invitation de la ministre St-Pierre, qui le pressait, dans une lettre datée du 23 mars et obtenue par Le Soleil, de «désigner des interlocuteurs dans les plus brefs délais».

Une invitation d'ailleurs pres­que identique à celle qu'on retrouve dans une lettre envoyée un an plus tôt (en avril 2008) à la ministre du Patrimoine canadien d'alors, Josée Verner, ainsi qu'à Rona Ambrose, qui était aux Affaires intergouvernementales à ce moment-là.

Cette première missive, plus étoffée que celle de mars, était signée par Christine St-Pierre et son collègue Benoît Pelletier, retourné à l'enseignement depuis.

Source fiable

Une personne rompue aux relations entre Québec et Ottawa confie qu'elle s'interroge sur la volonté réelle du gouvernement Harper d'aller de l'avant. Que les ministres se parlent est un signe positif, dit-elle, mais «ce n'est pas un fait très engageant en soi».

Faute de volonté claire d'Ottawa, qui se matérialiserait par la désignation d'un négociateur, on peut même se demander si le gouvernement canadien s'est déjà fait une tête dans ce dossier, remarque-t-elle.

Elle laisse entendre que de simples discussions peuvent être une tactique pour gagner du temps et calmer les ardeurs de Québec.

«Ce que je veux, c'est la maîtrise d'oeuvre», avait déclaré le premier ministre québécois, Jean Charest, en pleine campagne électorale fédérale, l'automne dernier. «En pratique, ça veut dire que le Québec est celui qui décide des orientations et qu'il met en place des programmes qui reflètent ce que n

La prochaine année

M. Charest disait vouloir conclure des ententes en culture et en communications «au cours de la prochaine année».

Dans la lettre signée par la ministre Christine St-Pierre en mars, on peut lire que «le Québec recherche une meilleure cohérence des interventions publiques en matière culturelle afin de garantir un développement intégré de sa culture dans ses dimensions artistique, industrielle et citoyenne».

Pour sa part, «la conclusion d'une entente en communications garantirait une meilleure prise en compte de la particularité du contenu en radiodiffusion et en télécommunications».

Pour le gouvernement Charest, ce dossier concrétiserait la motion sur la reconnaissance de la nation québécoise adoptée par le Parlement canadien.

 

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