Devant quelque 250 militants, dimanche, à l'hôtel Loews Le Concorde, M. Taillon a hérité du poste abandonné par Mario Dumont avec un résultat qui expose une déchirure dans le parti.
Il a fallu un deuxième tour pour qu'il obtienne 50,03 % des voix, alors qu'Éric Caire a mérité la faveur de 49,97 % des votants. L'autre candidat, Christian Lévesque, a été éliminé dès le premier tour d'un scrutin par vote téléphonique au taux de participation extrêmement faible de 29 %.
En tout, M. Taillon a donc été élu par moins de 2000 personnes dans une fin de course qu'il qualifie lui-même de «hollywoodienne». «Les gens se sont exprimés, a déclaré le chef Taillon. Moi, je pense que mon leadership est légitime compte tenu de la participation et que j'ai eu 50 % plus un. [...] Ce sont les règles. Je me sens certainement plus légitime que celui qui a eu deux votes de moins.»
Dans son discours de victoire, le nouveau chef de 64 ans, qui combattra un cancer de la prostate au cours des prochaines semaines, n'a pas manqué de féliciter et de tendre la main à ses deux rivaux. «J'ai toujours travaillé en équipe, j'ai un plan de match et je suis déterminé», a-t-il lancé.
Secoué, Éric Caire, député de La Peltrie, a néanmoins accepté le verdict extrêmement serré et n'entend pas le contester. Il menait par une soixantaine de voix sur M. Taillon au premier tour. S'il y avait eu égalité au deuxième tour, les règles faisaient en sorte que M. Caire aurait pris les rênes du parti.
«Je ne conteste pas le processus», a-t-il dit en point de presse. «J'ai concédé la victoire à M. Taillon. Que ce soit par 150?votes ou par deux, ça reste la majorité absolue. Je suis un démocrate.»
Un résultat valide
Le président du comité électoral, Pierre Éloi Talbot, s'est dit confiant qu'aucune irrégularité ne viendra compromettre au cours des prochains jours la validité du résultat obtenu. Pendant la course, une centaine de demandes d'adhésion, certaines loufoques, ont été rejetées par l'ADQ. Pendant la course au leadership du PQ, Jean-René Dufort - alias Infoman - était parvenu à inscrire un chihuahua, une plante verte et une fillette de trois ans. M. Dufort était présent, dimanche.
Le député Caire ne croit pas que les attaques du clan Taillon sur sa scolarité ont eu un effet sur le résultat. Il estime cependant que les chicanes ont certainement «découragé» bon nombre de militants qui ont préféré ne pas voter.
«C'est difficile, a admis le député. On a travaillé fort. On a mis sur la table quelque chose de positif pour le parti. Ça a passé proche. Mais passer proche, ça compte pas.»
Le négligé de la course, Christian Lévesque, n'est jamais parvenu à rattraper son retard. «J'étais le candidat le moins connu, mais je suis fier de notre plan de match», a-t-il commenté. L'ex-député de Lévis a promis qu'il ne «laissera pas M. Taillon tout seul».
Le temps de rebâtir
Le nouveau chef se donne un certain temps pour rebâtir le parti avant d'envisager un retour en Chambre. M. Taillon s'ouvre à la possibilité de briguer la circonscription d'Argenteuil, advenant une démission de l'ex-ministre David Whissell. En pareille circonstance, il mise sur «l'amabilité» du premier ministre Jean Charest pour ne lui opposer aucun candidat.
Mardi, il rencontrera les membres de l'aile parlementaire adéquiste. Le nouveau chef entend revoir les responsabilités de chacun d'ici la semaine prochaine. Sylvie Roy, députée de Lotbinière, est chef par intérim depuis le mois de mars.














