En clair, il n'existera plus d'agence mue par un préjugé favorable à la formule des partenariats public-privé (PPP) au Québec. C'est un pan de l'héritage du premier gouvernement Charest qui disparaît.
«Après cinq ans, je pense qu'il est important de revoir les objectifs», a déclaré, mercredi, la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay. L'Agence des partenariats public-privé a été créée en 2004.
Infrastructure Québec ratissera plus large que la moribonde agence. Le nouvel organisme regroupera «l'offre de services et l'expertise nécessaire à la planification, à la réalisation et au suivi» de tous les grands projets, peu importe qu'ils soient réalisés en mode conventionnel ou en partenariat public-privé, a expliqué Mme Gagnon-Tremblay.
Tous les ministères et organismes liés à l'État qui entendent réaliser un projet de plus de 40 millions $ devront s'associer à Infrastructure Québec pour élaborer un dossier d'affaires - qu'il s'agisse de démolition, d'entretien ou de construction d'un ouvrage de génie civil.
Si le mode de réalisation retenu passe par un PPP, Infrastructure Québec coordonnera l'ensemble du processus, comme c'est le cas avec l'actuelle Agence des partenariats public-privé.
Lorsque les travaux seront réalisés en mode traditionnel, comme c'est le cas pour la très grande majorité d'entre eux, le ministère ou l'organisme concerné demeurera le maître d'oeuvre du dossier. Il devra toutefois rendre des comptes à la nouvelle agence.
L'opposition satisfaite
Elle veillera au respect des échéanciers et des budgets, a dit la grande argentière du gouvernement québécois.
L'opposition officielle à l'Assemblée nationale se réjouit de la mort annoncée de l'Agence des partenariats public-privé.
Mais ce qu'il faut surtout, insiste le péquiste Sylvain Simard, ce n'est pas un simple changement de philosophie et de nom sur une porte où travailleront à peu près les mêmes personnes.
«C'est une Infrastructure Québec qui a de vrais moyens d'intervention», affirme-t-il. Il faudrait qu'elle puisse procéder à des «contrôles réguliers» et réalise des «vérifications constantes» pour éviter les incessants dépassements de coûts.
Le plan d'investissement du gouvernement du Québec en infrastructures est doté d'une enveloppe de 42 milliards $.
De l'aveu même de Monique Gagnon-Tremblay, les «critiques» et la «résistance» éprouvées par les projets en PPP ne sont pas étrangères au changement annoncé.











