«Je n'étais absolument pas au courant. J'ai été le premier surpris en lisant ça dans le journal», a confié Marcel Blanchet, mercredi.
Le DGE aurait aimé, et souhaiterait toujours, présenter la nouvelle mouture de son projet aux élus de l'Assemblée nationale. Elle prend en compte plusieurs critiques entendues, dit-il. «Mais je sais qu'on ne pourra pas satisfaire tout le monde.»
Pourquoi? Parce que la circonscription de Gaspé compte 27 000 électeurs. Celle de Masson, au nord de Laval, en regroupe 64 000. Ce sont des déséquilibres qu'il faut corriger, plaide M. Blanchet.
«Malheureusement, on ne peut pas équilibrer les circonscriptions de la Gaspésie en se servant de leurs voisines. Elles sont toutes déficitaires.»
Le Soleil révélait mercredi que le gouvernement sauverait les circonscriptions de Gaspé, de Kamouraska-Témiscouata et de Beauce-Nord en changeant les critères de la loi électorale. D'autres critères que ceux basés sur la démographie seraient désormais pris en compte pour concevoir les futures cartes des circonscriptions électorales québécoises.
«La loi actuelle est correcte sur le plan constitutionnel, met en garde M. Blanchet. Une autre formule pourrait poser problème.»
Équité entre les électeurs
Si louable soit-il, le désir de favoriser les régions hors des grands centres urbains en maintenant le nombre de circonscriptions qu'elles détiennent ne peut faire foi de tout, dit-il. Il faut tenir compte de l'équité entre électeurs québécois.
Le projet de loi ferait en sorte que de nouvelles circonscriptions pourraient être ajoutées là où il en manque sans que ces ajouts soient compensés par la disparition d'autres circonscriptions. Le ministre Claude Béchard, responsable de la réforme des institutions démocratiques, n'a pas voulu commenter ces informations, mercredi.
Son projet, s'il était adopté, ferait en sorte que l'Assemblée nationale compterait, à terme, plus de 125 députés. Il pourrait y en avoir 128 ou 130.
De nouvelles circonscriptions seraient créées dans des zones qui ont connu un fulgurant essor démographique, comme Laval, la Montérégie et les Basses-Laurentides.
L'Ontario, plus populeuse que le Québec, compte 107 élus à Queen's Park.














