Bonnardel: le Québec de retour dans la grande noirceur

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Le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel. ... (archives La Voix de l'Est)

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Le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel.

archives La Voix de l'Est

La Presse Canadienne
Montréal

Tout en réitérant l'urgence d'établir une commission d'enquête publique pour apporter un éclairage sur le financement des partis politiques et les allégations de corruption dans le secteur de la construction au Québec, le député de l'Action démocratique du Québec, François Bonnardel, a affirmé que Jean Charest avait mené la province dans un nouvel épisode de la «grande noirceur».

Le député de Shefford y est allé de ce commentaire lors d'une entrevue accordée à La Presse Canadienne, samedi matin. La Presse Canadienne l'invitait à réagir à un texte du Journal de Montréal, publié plus tôt samedi, selon lequel l'homme d'affaires Tony Accurso aurait insisté pour défrayer les frais d'une soirée de financement de l'ADQ dans un restaurant de Laval, en 2007.

À l'époque, Mario Dumont était le leader de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale, et à cet effet, M. Bonnardel a d'abord rappelé que M. Dumont n'est plus le chef du parti et que l'ADQ amorçait un nouveau départ avec Gilles Taillon.

«Deuxièmement, a noté M. Bonnardel, on ne peut pas vérifier si cette affirmation est véridique. Mais si elle s'avérait, il s'agit d'une prémisse pour déclencher une enquête publique. Aujourd'hui, c'est plus pertinent que jamais de savoir ce qui se passe dans le domaine de la construction (...) et de comprendre pourquoi on paie nos dépenses d'infrastructures de 25 à 30 % plus cher qu'ailleurs au Canada. On va dépenser 42 milliards $ dans les prochaines années, donc près de 10 milliards $ en trop. Il faut savoir pourquoi.»

M. Bonnardel a également assuré que l'ADQ collaborerait entièrement à une telle enquête.

«On ne va pas se taire, on ne va pas se faire complice d'une loi du silence. On va continuer d'affirmer ce qui se passe, vouloir déclencher cette enquête publique avec Mme (Sylvie) Roy (chef par intérim de l'ADQ), alors que l'on en parle depuis déjà six mois, a également dit M. Bonnardel. Et si, aujourd'hui, on peut déclarer que c'est le retour de la grand noirceur, c'est sous M. Charest que ça se passe. Il faut que cette enquête publique démarre le plus rapidement possible.»

Bien qu'il insiste pour mettre sur pied une commission d'enquête publique, M. Bonnardel ne s'oppose pas à la tenue d'une enquête policière.

«C'est indéniable que les deux peuvent se faire en même temps, a affirmé le député de Shefford. On souhaite que ça aille de l'avant et qu'il y ait des accusations rapides, car on n'a pas de temps à perdre. Imaginez, encore une fois, qu'il y a 42 milliards $ sur la table pour les entrepreneurs en construction, les firmes d'ingénieurs au Québec, et on va payer 10 milliards $ de trop là-dessus. Si au moins notre kilomètre d'asphalte durait dix ans, on comprendrait, mais il ne dure pas plus que deux ou trois ans. Alors, il y a une situation catastrophique de ce côté-là. C'est l'argent des Québécois et il faut savoir où cet argent va. (...) Avec autant de milliards à dépenser de la part du gouvernement, il y en a qui vont s'en mettre plein les poches et les Québécois n'en auront pas pour leur argent», a conclu M. Bonnardel.

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