Vélo Québec a temporairement suspendu sa participation à la Table de la sécurité routière, présidée par Jean-Marie de Koninck, dans l'attente d'une rencontre avec la ministre des Transports, Julie Boulet. La présidente de Vélo Québec, Suzanne Lareau, pense avoir des raisons de croire que la ministre veut imposer le port du casque.
«Les recommandations de la Table sont basées sur les consensus et il n'y a pas de consensus sur cette question-là . Pourtant, à plusieurs reprises, le représentant de la santé publique pour la région de Québec et un représentant du ministère des Transports ont insisté pour remettre le sujet à l'ordre du jour. On voit qu'ils tiennent à cette recommandation, et ça nous porte à croire que le ministère a déjà arrêté son agenda.»
Selon Vélo Québec, les lois imposant le port du casque entraînent une diminution de la pratique du vélo. Mme Lareau mentionne par ailleurs que les policiers ne sont, eux non plus, pas favorables à cette idée. «Les policiers sont totalement contre. D'abord, ils n'ont pas le temps, et en plus, ça les oblige à arrêter des mineurs. Ils font faire quoi avec des jeunes de 12 ans, et avec leur vélo?»
À Québec, les organismes Promo-Vélo et Accès Transports Viables appuient la position de Vélo Québec. «On peut inciter à porter le casque, affirme la présidente de Promo-Vélo, Jeanne Robin, mais si on l'impose, il y a des gens qui vont cesser la pratique du vélo. Au final, l'impact sur la santé publique est négatif.»
Pour une loi
Tous ne partagent pas cet avis, cependant. L'organisme SécuriJeunes Canada rappelait récemment que six provinces ont adopté des lois imposant le port du casque. Dans une lettre envoyée en août au ministre de la Santé, Yves Bolduc, la directrice générale de SécuriJeunes, Pamela Fuselli, soutenait que «les lois sur le port du casque réduisent le nombre de traumatismes crâniens et de décès chez les cyclistes, sans entraîner de diminution de la pratique du vélo».
Un avis partagé par la Fédération québécoise des sports cyclistes. «On n'a aucun problème à rendre le port du casque obligatoire de façon générale, explique le directeur général, Louis Barbeau. Ça fait déjà partie des obligations dans tous nos événements. Le casque, c'est indissociable de la pratique du vélo. C'est un élément important pour réduire les blessures, que ce soit à vélo, à motocyclette ou en mobylette.»
De son côté, Jean-Marie de Koninck espère que Vélo Québec conserve sa place à la Table de la sécurité routière. «À la Table, on a un consensus pour la promotion du casque, mais pas pour l'obligation. Les gens de santé publique disent : il faut que le casque soit obligatoire. C'est eux qui ramassent les victimes, alors ils sont sensibles à ça. Par contre, les policiers sont réticents, ils en ont déjà plein les bras. Si on n'a pas de consensus, mes recommandations vont le refléter. Malheureusement, Vélo Québec a l'impression que la ministre n'en tiendra pas compte.»
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