Inquiète pour sa sécurité, Sylvie Roy alerte la SQ

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La chef intérimaire de l'ADQ,?Sylvie Roy, connaît une fin de mandat qui lui met les nerfs à dure épreuve.

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) L'adéquiste Sylvie Roy s'est adressée à la SQ après que le cabinet d'une ministre qu'elle a mise dans l'embarras a cherché par voie détournée à obtenir l'adresse de sa résidence personnelle.

La chef intérimaire de l'ADQ connaît une fin de mandat qui lui met les nerfs à dure épreuve. Plongée dans la tourmente pour ses déclarations en Chambre sur des ministres qui auraient séjourné sur le bateau d'un entrepreneur prospère, elle a craint pour sa sécurité en début de semaine.

Deux demandes pour connaître son adresse personnelle sont parvenues à son cabinet, lundi. Inquiétée, elle a alerté la Sûreté du Québec. Des recherches ont permis de remonter jusqu'au bureau de la ministre des transports, Julie Boulet. L'une des personnes mise en cause dans l'affaire du luxueux yacht.

Ébranlée

Mardi, Mme Roy s'est confiée à un journaliste de Rue Frontenac, au bord des larmes, ébranlée par la situation.

Au bureau de la ministre Boulet, l'attachée de presse Jolyane Pronovost reconnaît qu'une demande a été placée au whip du gouvernement pour obtenir l'adresse de Mme Roy. La ministre voulait envoyer de la «correspondance personnelle», indique-t-elle, sans en dire plus.

Entre le bureau de la ministre et le cabinet de l'adéquiste, les versions divergent quant au cheminement exact emprunté pour obtenir l'information.

Au cabinet de Sylvie Roy, en soirée, on supposait que la «correspondance» était peut-être la mise en demeure envoyée par la ministre à la députée de Lotbinière, mardi. Mais l'hypothèse de l'intimidation était encore envisagée. 

Démission forcée?

Chose certaine, les libéraux n'ont pas digéré les allusions au yacht de Tony Accurso. Mardi, en Chambre, le gouvernement a déposé un avis de motion exceptionnelle pour faire comparaître Mme Roy devant la commission de l'Assemblée nationale. Si le président accepte la motion, la députée risque d'être «jugée» par cette commission où siège une majorité de libéraux.

«Ça peut aller d'une demande d'excuses jusqu'à une demande de quitter son siège», a indiqué mardi le leader adjoint du PLQ, Claude Béchard. «La gravité de ce que Mme Roy avance est telle qu'on va aller au bout de cette histoire-là. On ne laissera pas passer ça. C'est très grave de salir du monde sans preuve.» Il est littéralement furieux contre la députée, même si ce n'est pas elle, mais bien le premier ministre qui a dévoilé les noms de ceux mis en cause.

«Il a donné les noms pour enlever les soupçons que Mme Roy avait mis sur tout le monde, a dit M. Béchard. On a fait les vérifications et il n'y a personne du cabinet qui a été sur ce bateau-là.»

Le leader de l'opposition péquiste, Stéphane Bédard, a vigoureusement dénoncé la manoeuvre du gouvernement. L'immunité parlementaire doit être préservée, plaide-t-il. Si Mme Roy a tenu des propos malhabiles, ce sera à la population de la sanctionner, dit-il. Le premier ministre Jean Charest ne cherche qu'à faire diversion des demandes d'enquête publique sur l'industrie de la construction, ajoute-t-il.

«Ce procédé utilisé par le gouvernement est inadmissible, odieux et méprisable, dénonce M. Bédard. C'est de l'intimidation à l'égard des députés.»

 

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