Régis Labeaume dit en avoir soupé de ce manque de confiance envers la loi. Dénonçant le «climat malsain» régnant, il évoque le cas de l'artiste Robert Lepage, qui a offert 1000 $ à son parti en 2009. «Même si vous respectez la loi comme l'a fait Robert Lepage, ça soulève les soupçons. C'est rendu fou.»
Le maire réélu avec près de 80 % des voix dimanche dit en être «rendu à me demander si la Loi sur le financement des partis politiques de René Lévesque n'a pas atteint sa fin de vie utile. Il faut des changements», a-t-il laissé tomber, lundi, en conférence de presse. Poussant plus loin encore, il estime même que «le problème, c'est que la Loi a probablement perdu toute sa crédibilité».
Pas de formule magique
Se disant d'accord avec l'idée d'une enquête publique, M. Labeaume croit que les règles doivent être revues de fond en comble. Pas seulement améliorées. «On devrait faire l'exercice de partir d'une page blanche. En essayant de raccommoder quelque chose dans lequel la population n'a pas confiance, on va faire le travail à moitié.»
Disant ne pas avoir de formule magique à proposer, le maire a évoqué l'idée d'un financement public des partis, plutôt que d'abord privé. Rappelons que les formations doivent récolter des fonds par eux-mêmes à raison d'un maximum de 1000 $ par donateur. C'est seulement si leurs candidats obtiennent 15 % des suffrages qu'elles se voient rembourser la moitié de leurs dépenses électorales.
«Peut-être que la solution passe par un financement public complet. Quand on lit que les contribuables paient 20?% plus cher pour des contrats, ça serait peut-être moins cher si on finançait les partis avec de l'argent public.»
Mélange privé-public
M. Labeaume dit que son opinion n'est pas arrêtée et évoque également un mélange de financement public et privé.
Chose certaine, le maire de Québec ne croit pas que la solution passe par une sorte de mise en tutelle des villes par le ministère des Affaires municipales. «Non, c'est pas une bonne idée que le gouvernement ait le contrôle en continu des contrats qui se donnent dans les municipalités. Nous, on le fait honnêtement, correctement, clairement, limpidement. On n'a pas à être pénalisés parce que d'autres ne le font pas de cette façon», de dire le maire.
Reste que Québec n'est pas à l'abri de collusions entre les entrepreneurs, reconnaît M. Labeaume. À son avis, il s'agit du plus grand défi auquel font face les villes.














