Le premier défi de Gilles Taillon était de rebâtir les ponts entre les clans qui se sont affrontés à l'ADQ au cours des derniers mois.
«À l'évidence, on ne peut pas dire que c'est une grande réussite», a constaté la leader parlementaire, Sylvie Roy, hier.
Sans jeter la pierre à son chef, le député Gérard Deltell est «très déçu» qu'aucun terrain d'entente n'ait été trouvé.
Lieutenant de Gilles Taillon et chef parlementaire, François Bonnardel est venu défendre son chef, mais a admis une commotion dans l'aile parlementaire.
«C'est extrêmement malheureux, a-t-il indiqué. Nous étions ensemble voilà une heure. On était sonnés, là, on ne se contera pas de farces. Maintenant, il faut se retrousser les manches demain matin.»
Aucun des deux cofondateurs de l'ADQ, Mario Dumont ou Jean Allaire, n'ont voulu jouer les «belles-mères», hier, malgré la précarité du parti.
«Mon seul message est que ceux qui croient en l'ADQ doivent cesser de faire en sorte que le parti aille de plus en plus mal», a affirmé M. Allaire au Soleil.
Une référence à un reportage de TVA, hier, qui a obtenu un enregistrement où le président de l'ADQ, Mario Charpentier, dit avoir financé «discrètement» la campagne de M. Taillon, malgré son devoir de réserve.
Par voie de communiqué, hier, M. Charpentier a assuré qu'il a demandé à ce que ses chèques ne soient pas encaissés lorsqu'il a appris que sa neutralité l'empêchait de financer un camp.
Hier, M. Taillon a juré au Soleil qu'il n'était «absolument» pas au courant d'un quelconque appui financier de M. Charpentier. Il a indiqué que le reportage contenait «plusieurs faussetés».
L'autre candidat à la direction, Christian Lévesque, en vacances en Floride, a demandé à ce que la lumière soit faite sur cette affaire. Il pourrait aller jusqu'à quitter l'ADQ si les réponses ne lui donnent pas satisfaction.
Un autre aspirant chef, Jean-François Plante, plaide que des interventions de M. Charpentier l'ont empêché d'obtenir une candidature officielle. «Le chef n'a pas de légitimité, alors l'ADQ doit envisager une nouvelle course», plaide-t-il.
La voix du président Charpentier, enregistrée sur une boîte vocale, a été conservée pendant plusieurs semaines avant d'être transférée à un journaliste.
«On m'avait dit un jour en arrivant en politique que mes ennemis n'étaient pas nécessairement en face de moi, qu'ils étaient à côté de moi, illustre François Bonnardel. C'est quand même particulier de se battre pour une formation politique [...] et qu'il y a quelqu'un à l'intérieur qui est venu nous mettre la merde.»















