Le chef parlementaire, François Bonnardel, devrait confirmer aujourd'hui à ses trois collègues réunis en caucus qu'ils n'auront bientôt plus les mêmes moyens qu'avant. Ou, à tout le moins, qu'ils ne peuvent plus avoir la certitude que ceux-ci seront maintenus comme si rien ne s'était passé depuis quelques jours.
Ce sera une autre douche glacée pour Gérard Deltell, Sylvie Roy et Janvier Grondin. Une amère surprise, probablement aussi, puisque même l'un de leurs collègues démissionnaires, Marc Picard, était d'avis vendredi que les avantages octroyés à l'ADQ dans la foulée des dernières élections générales continueraient de courir jusqu'au prochain scrutin.
Un élu de l'Assemblée nationale avec qui Le Soleil s'est entretenu, lundi, ne comprenait d'ailleurs pas comment M. Picard avait pu suggérer que la situation était immuable.
«Et s'il ne restait que deux adéquistes en janvier?» a demandé cet interlocuteur pour illustrer l'équation. «Leur budget demeurerait le même? Ça ne tient pas la route.»
Des portes ouvertes
Un commentaire opportun, puisque formulé au moment où l'adéquiste de Chauveau, Gérard Deltell, laissait flotter à peu près toutes les hypothèses quant à son avenir personnel.
Chose certaine, libéraux et péquistes laisseront toutes les portes ouvertes aux élus actuels et aux démissionnaires. Éric Caire a toutefois affirmé lundi qu'il ne prendrait pas celle entrouverte par Pauline Marois.
François Bonnardel devait rencontrer le secrétaire général de l'Assemblée nationale, François Côté, en fin de journée. Mais déjà des sources indiquaient que la décision à prendre sur le temps de parole dont disposerait son parti serait rendue par le président de l'Assemblée nationale lui-même, Yvon Vallières. Une preuve que «les dernières élections générales ne font pas foi de tout», a confié un expert proche du dossier.
Selon lui, la décision de M. Vallières, pour être équitable, ne pourra être fondée que sur le nombre d'adéquistes encore en poste. Le temps de parole qu'exigeront les deux nouveaux indépendants devra bien, par ailleurs, «être pris quelque part». Il le sera sur celui des quatre qui sont restés, explique-t-il.
À la période des questions, l'ADQ n'aura donc plus droit, à terme, à une intervention principale par jour.
Pareil pour le budget annuel de fonctionnement, fixé à 545 000 $. Libéraux et péquistes feront valoir que «l'équité» entre élus suppose que le Bureau de l'Assemblée nationale consente des moyens à Éric Caire et à Marc Picard.
Si le budget de l'ADQ n'était pas réduit en conséquence, «ça voudrait dire que les quatre adéquistes auraient plus de moyens financiers au prorata que tous les autres. Ça serait inéquitable».
Au propre comme au figuré, l'ADQ paiera cher la défection de deux de ses élus.














