À peine trois semaines après son élection extrêmement serrée, M. Taillon a compris qu'il ne pourrait exercer son leadership librement. Il se résigne pour «mettre fin aux luttes intestines stériles qui détournent l'Action démocratique du Québec de son vrai objectif».
Le résultat du scrutin, le vote bidon de Jean-René Dufort, l'appui financier du président du parti au clan Taillon et la défection de deux députés ont rendu la tâche impossible à l'homme de 64 ans, qui lutte contre un cancer de la prostate. Il a fait part de sa décision au caucus de quatre députés adéquistes en avant-midi, mardi.
Les «autorités» du parti devront se réunir au cours des prochains jours pour décider de la meilleure façon de procéder au remplacement du chef. D'ici là, Gilles Taillon entend continuer à diriger l'ADQ, sans salaire mais avec un remboursement de ses dépenses. Il veut entre autres s'assurer que les finances du parti sont en bon ordre.
Le chef démissionnaire a lancé une bombe lors de son point de presse expéditif, au cours duquel aucune question n'a été permise. «Depuis trois semaines, j'ai découvert certains aspects un peu troublants dans la gestion du financement du parti depuis 2003», a dit M. Taillon, qui a lui-même été président de l'ADQ.
«J'ai l'intention de pousser plus avant mon analyse et probablement demander une rencontre avec la Sûreté du Québec, qui enquête actuellement» sur le milieu de la construction, a dit le chef.
«Rien à nous reprocher»
Tous les anciens présidents ou directeurs généraux du parti contactés mardi par Le Soleil ont assuré ne pas savoir à quoi M.?Taillon a référé. «La SQ peut bien venir, elle ne trouvera rien à nous reprocher», a commenté Jean-Simon Venne, un ex-directeur général. Tous les rapports financiers ont été approuvés par le Directeur général des élections qui a souvent cité l'ADQ en exemple aux autres partis, note-t-il.
Lieutenant de M. Taillon et chef parlementaire, François Bonnardel ne sait pas à quoi réfère son chef, mais il le croit sur parole. «S'il y a eu malversation dans notre formation, on comprend qu'on devrait aller au fond des choses», a-t-il commenté.
Pas de retour pour Caire
Le député indépendant de La Peltrie n'est pas intéressé par un retour à l'ADQ, avec ou sans M.?Taillon. Il s'explique d'ailleurs mal le départ du chef qui vient d'obtenir un mandat. «Il a quand même fait des promesses aux membres et là, il est en train de quitter», note M. Caire.
Même si la direction de l'ADQ lui est offerte sur un plateau d'argent, il la refusera, assure-t-il. «Je suis un député indépendant. C'est le statut que je vais assumer. [...] L'ADQ, pour moi, c'est une page qui est tournée.»



















