«J'ai toujours dit que j'étais intéressé, a déclaré le député de Chauveau, mardi. Ça chemine positivement, mais on va faire ça dans les règles de l'art.»
Le chef en devenir, qui a été élu député en décembre dernier, refuse de spéculer tant que l'exécutif du parti n'a pas résolu le problème qui prévaut actuellement. Même si Gilles Taillon est un chef contesté de toutes parts, il demeure celui que les membres ont élu en octobre. Il n'a pas remis sa démission.
«Si M. Taillon donnait sa démission, on pourrait rapidement identifier un chef intérimaire, explique le directeur général du parti, Jean L'Écuyer. On ne peut pas faire une course à la chefferie qui serait onéreuse. Ça limite les façons de faire. Il faut regarder la constitution pour voir jusqu'où on peut étirer l'élastique.»
Députés favorables
Mardi, la députation adéquiste s'est dite favorable à un départ rapide de M. Taillon et à un couronnement de M. Deltell. «Je pense qu'un départ rapide pourrait aider à stabiliser les choses et à passer à une autre histoire, note la leader parlementaire Sylvie Roy. Il [M. Taillon] pourrait tourner la page, s'occuper de sa santé et je pense que ce serait bien pour tout le monde.»
Selon elle, la trop courte victoire de M. Taillon, après une course à la direction déchirante, l'a «condamné d'avance». «Sa chronique était écrite dès le jour de l'élection», croit-elle.
Le député de Shefford, François Bonnardel, qui a été le lieutenant de M. Taillon, ne croit pas que le chef tentera de s'accrocher beaucoup plus longtemps. Alors que, lundi, l'aile jeunesse du parti a réclamé son départ, les députés ont emboîté le pas, mardi. «Il n'est pas aveugle M. Taillon, a noté M. Bonnardel. Il voit très bien la situation.»
De son côté, Janvier Grondin, député beauceron, est conscient qu'il a fait pencher la balance en faveur du chef contesté lorsqu'il s'est rangé derrière lui. Il regrette aujourd'hui ce geste. «Je n'aurais pas dû, dit-il. C'est sûr que si je n'appuyais pas M. Taillon, ça permettait à Éric [Caire] de passer.»
Reste qu'il se réjouit de l'arrivée quasi certaine de M. Deltell à la tête du parti. Dès le déclenchement de la course, M. Grondin a souhaité la participation de l'ex-journaliste de TQS.
«C'est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux, dit-il. On arrive avec le soldat que je voulais depuis le début.»
L'exécutif du parti se rassemblera ce soir, à 17h, à Montréal.












