Des échanges vigoureux ont opposé la chef du Parti québécois, Pauline Marois, et l'un des ministres les plus agressifs du gouvernement, Claude Béchard.
L'opposition a poursuivi ses attaques contre la ministre Julie Boulet et son collègue Norman MacMillan au sujet des contrats sans appel d'offres, des dépassements de coûts injustifiés et des fausses urgences constatés par le vérificateur général, Renaud Lachance. Sans compter la non-dénonciation en 2004 d'une collusion dans des contrats de déneigement et le contournement de règles du Conseil du trésor.
«Comment [le premier ministre] peut-il garder confiance en sa ministre des Transports qui a fermé les yeux sur des cas de collusion exposés dans un rapport interne ou qui a fait preuve d'aveuglement volontaire?» a demandé Mme Marois.
La ministre Boulet assure qu'elle ignorait la situation et a affirmé qu'à l'époque, le sous-ministre en place, Florent Gagné, un ex-dg de la Sûreté du Québec, a jugé qu'il n'y avait pas assez de preuves pour transférer le dossier à la police.
Riposte musclée
Bombardé sur des questions d'éthique, le gouvernement Charest a opté pour une riposte musclée. Le ministre Claude Béchard s'est appuyé sur des informations publiées jeudi par Le Soleil sur les actions que détenait Claude Blanchet, mari de Mme Marois, du temps où il était à la tête de la SGF. À l'occasion d'un dossier sur l'éthique, Le Soleil a exposé qu'entre 1997 et 2003, M. Blanchet avait des intérêts dans des entreprises avec lesquelles la SGF faisait des affaires.
«Quand le président de la SGF investissait son argent en même temps que l'argent des Québécois, il le faisait dans son intérêt à lui ou dans l'intérêt des Québécois? a demandé M. Béchard. La seule façon de faire la lumière : démissionnez ou appelez l'opération Marteau.»
Qualifié de «petit ministre», M. Béchard a été accusé de faire «la sale job». Plus tard, en point de presse, le ministre a été incapable de dire en quoi la Sûreté du Québec pourrait s'intéresser au couple Marois-Blanchet. Mais il a réfuté l'accusation de «faire de la diversion».
La chef de l'opposition estime avoir été traitée injustement par le dossier du Soleil. «On ne peut pas faire un procès d'intention à quelqu'un qui a agi en toute transparence, qui n'a jamais caché quoi que ce soit», a-t-elle déclaré à l'émission Dutrizac l'après-midi. Elle accuse Le Soleil d'avoir été «manipulé par le gouvernement» pour publier son dossier le jour où le vérificateur général a déposé son rapport. Une allégation démentie par Le Soleil.
Mme Marois est d'avis qu'il est possible qu'un dirigeant de société d'État détienne des actions dans des entreprises avec lesquelles il transige. «Il faut bien baliser cela, bien encadrer cela, il doit y avoir des règles très strictes lorsque c'est le cas, mais je crois que c'est possible que ce soit le cas», a-t-elle indiqué.
Les invectives ont plu lors des échanges en Chambre, jeudi. Si bien que la vice-première ministre, Nathalie Normandeau, a demandé des excuses au député péquiste de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant. Ce dernier l'aurait enjoint à deux reprises à «fermer sa g...». Dans sa réplique, par voie de communiqué, M. Aussant dit que Mme Normandeau l'a «affublé d'être ?épais?».














