Allégations de financement douteux: Deltell dans l'ignorance

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«Nous allons nous conduire de la façon la... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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«Nous allons nous conduire de la façon la plus rigoureuse possible, la plus sérieuse possible, a promis Gérard Deltell.

Le Soleil, Steve Deschênes

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Gérard Deltell prend la tête de l'ADQ sans savoir si le financement de son parti lui réserve de mauvaises surprises.

Accompagné de ses trois collègues, le député de Chauveau a confirmé jeudi ce qui était devenu une évidence pour tout le monde: il devient le chef des troupes adéquistes.

Ce féru de politique et ex-journaliste fait sa marque moins d'un an après son élection. Plein d'enthousiasme, M. Deltell voit néanmoins un nuage assombrir son paysage : les allégations de financement douteux à l'ADQ lancées par son prédécesseur, Gilles Taillon.

 

«Nous avons posé des questions et honnêtement, on ne sait pas du tout de quoi il est question, a admis le nouveau chef. Une chose est claire: si des irrégularités ont été commises, nous ne les endosserons pas.»

Le nouveau chef ne sait pas si la Sûreté du Québec (SQ) se penche sur le dossier et n'a pas obtenu de précision de la part de M. Taillon. Ce dernier a dit avoir reçu des informations «troublantes». À La Presse, il a affirmé vendredi dernier qu'il allait rencontrer un enquêteur de la SQ «dans les prochains jours».

Mercredi, le conseil exécutif du parti s'est penché sur ces prétentions. Il semble que jamais M. Taillon n'ait demandé de document relatif au financement du parti. Personne n'est en mesure de déterminer à quoi le chef déchu a fait référence.

«Nous allons nous conduire de la façon la plus rigoureuse possible, la plus sérieuse possible, a promis M. Deltell. Les Québécois n'ont pas le droit d'avoir des leaders qui commencent à masquer des choses et qui commencent à cacher des affaires, non. Nous assumons pleinement ce qui s'est passé.»

Reconstruction du parti

Par ailleurs, pour reconquérir les adéquistes déçus, M. Deltell veut mettre les militants au coeur de la reconstruction du parti. Il se dit à l'aise avec l'option «autonomiste» de l'ADQ et favorable à la mixité entre le privé et le public dans la santé. Et il ne ferme pas la porte aux conservateurs. «Ce qui compte pour moi, c'est que les gens qui sont à l'ADQ soient des adéquistes», dit-il.

Malgré le départ des deux plus sérieux prétendants à la direction, Gilles Taillon et Éric Caire, M. Deltell ne se considère pas comme un «chef par défaut».

Aux prises avec un parti endetté, le nouveau chef assure qu'il n'y a tout de même pas péril en la demeure. «Il n'y a pas de menace formelle, mais il faut agir», dit-il.

Face au défi de rebâtir un parti très amoché par les dernières élections générales et une course à la direction, M. Deltell n'est pas prêt à dire que l'ADQ formera le prochain gouvernement. «Il est beaucoup trop tôt pour faire cette affirmation-là, admet-il. Si je la faisais, je ne serais pas réaliste et je ne serais pas responsable.»

 

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