Cette loi «affirmera que nous sommes attachés à la laïcité de l'État, à l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu'à la prédominance du français», a annoncé, hier, la chef péquiste à 500 de ses militants réunis au Palais des congrès de Montréal.
Elle a refusé d'en dire davantage, sinon pour marteler qu'elle et son parti sont prêts «à faire tout ce qu'il faut pour faire respecter» ces valeurs. «Les accommodements, quand ils sont déraisonnables, doivent être interdits; et c'est l'État qui doit tracer la ligne, les balises.»
Ce projet de législation évoque celui sur l'identité québécoise présenté par le PQ en 2007, dont des articles avaient soulevé la controverse. Mais il s'en distinguera par bien des aspects, a confié au Soleil le député Alexandre Cloutier. «On veut proposer une vraie clause interprétative au gouvernement Charest. Une clause à partir de laquelle la Cour interpréterait dorénavant la Charte québécoise des droits et libertés.»
Patrimoine historique
Fait inusité, ce projet de loi fera référence au «patrimoine historique du Québec». «Non seulement la Cour devra-t-elle tenir compte de la laïcité, de l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que de la prédominance du français, mais également de notre patrimoine historique», a poursuivi Alexandre Cloutier.
«Avec cette référence, on répond à l'inquiétude de certains quant à la place du crucifix à l'Assemblée nationale, à la croix sur le mont Royal ou à d'autres signes religieux apparaissant dans notre environnement culturel et historique.» Cette clause permettrait de préserver ces symboles.
Ce projet de loi peut procurer un double avantage au Parti québécois. D'abord, il lui permettra d'afficher sa propre identité sur l'échiquier politique. Ensuite, il pourrait mettre mal à l'aise les libéraux de Jean Charest. Ces derniers devront en effet endosser ou rejeter un projet susceptible d'être bien accueilli par la population en général.
Ce thème rejoint celui du conseil national du PQ, qui se déroule jusqu'à aujourd'hui dans la métropole. Les délégués péquistes discutent de développement culturel dans la perspective d'un gouvernement souverainiste. «Et si on parlait de langue, de culture, d'identité et d'immigration à Montréal?» a lancé le président du parti, Jonathan Valois.
Montréal que M. Valois aime, mais qui l'«énerve» en même temps. Parfois, «ça nous énerve quand on n'est pas capable d'acheter un baguel en français» sur Fairmount ou Saint-Viateur, a-t-il laissé tomber.
Anglicisation de Montréal
Dans le cahier de réflexion remis aux militants, on peut lire que «si aucune mesure concrète n'est prise pour arrêter son anglicisation, la métropole du Québec ne sera plus une ville française».
Les discussions d'hier ont porté sur la langue française, mais aussi sur la culture et les communications, sur l'intégration des personnes immigrantes et sur l'enseignement de l'histoire. Pour Mme Marois, cette réunion coule les «fondations» de ce que sera «le prochain gouvernement du Parti québécois».
Dans son discours aux militants, le péquiste Stéphane Bédard a lancé une charge à fond de train contre le gouvernement de Jean Charest, «le plus grand endetteur du Québec». Une expression reprise plus tard par Mme Marois. Le premier ministre «reste assis». Il ne prend pas les problèmes à bras-le-corps, a dénoncé M. Bédard. Les libéraux «ne vont pas se cacher pendant trois années encore. On va les pourchasser».

![Conseil national du PQ: hisser le drapeau de l'identité «[Cette loi] affirmera que nous sommes attachés à... (Photothèque Le Soleil)](/images/bizphotos/435x290/200911/21/126102-cette-loi-affirmera-nous-sommes.jpg)









