Enquête dans la construction: Charest résiste aux pressions

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Selon la chef du Parti québécois, Pauline Marois,... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Selon la chef du Parti québécois, Pauline Marois, le gouvernement n'a plus d'excuses pour refuser une enquête publique du moment que les policiers eux-mêmes la réclament.

Photothèque Le Soleil

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Des membres du gouvernement Charest ont été profondément agacés par la sortie du président du syndicat des policiers de la Sûreté du Québec. Mais le premier ministre reste inébranlable. Une enquête publique sur les liens du monde de la construction avec les municipalités et le gouvernement demeure dans l'ordre du possible, mais pas tout de suite et pas nécessairement.

Dans une entrevue au Soleil, hier, le président... (Photothèque Le Soleil) - image 1.0

Agrandir

Dans une entrevue au Soleil, hier, le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, Jean-Guy Dagenais, a réclamé une enquête publique sur la collusion dans la construction.

Photothèque Le Soleil

Sylvie Roy et ses collègues adéquistes ont été... (Photothèque Le Soleil) - image 1.1

Agrandir

Sylvie Roy et ses collègues adéquistes ont été parmi les premiers à réclamer une enquête publique sur ces allégations.

Photothèque Le Soleil

«Jean Charest mise sur la lassitude et le temps qui passe pour ne rien faire», a dénoncé, lundi, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, lors d'un entretien avec Le Soleil. Or, «c'est un vrai pavé dans la mare» que vient de lancer, selon elle, le président de l'Association des policiers provinciaux du Québec, Jean-Guy Dagenais.

«M. Charest ne pourra pas encore longtemps refuser cette enquête» - pas à partir du moment où son «principal prétexte» vient de tomber, a-t-elle soutenu. Ce «prétexte» était qu'il fallait laisser les policiers mener leurs propres enquêtes sur le terrain.

Au nom de ses 5200 membres, M. Dagenais a réclamé, dimanche, dans une entrevue au Soleil, une enquête publique pour faire la lumière sur les allégations de corruption et de collusion dans le milieu de la construction. Il la juge «incontournable». Pour lui, il est clair que «ce n'est pas la police qui, demain matin, avec des arrestations, va modifier les façons d'attribuer les contrats».

L'adéquiste Sylvie Roy se demande ce qu'il faudrait de plus «que ceux qui sont mandatés pour attraper les criminels» pour con­vaincre le gouvernement de bouger. L'ADQ a été le premier parti à réclamer une enquête publique sur ces allégations, qui polluent le paysage politique québécois depuis de nombreux mois. Qu'est-ce qui empêche le gouvernement d'aller de l'avant, d'après elle? L'ampleur de ce qu'on pourrait découvrir. Ce serait «bien plus gros» que l'enquête Gomery, a-t-elle dit en dressant la liste des acteurs présumés?: «La mafia, les firmes d'entrepreneurs, les firmes d'ingénieurs, les ministères, la FTQ».

Il est «tout de même curieux de constater que le seul groupe qui soutient encore le Parti libéral du Québec dans ce dossier, c'est la FTQ, sur qui pèsent de lourds soupçons».

Attendu de pied ferme

Les partis d'opposition attendent Jean Charest de pied ferme à l'Assemblée nationale aujourd'hui. Lundi, le premier ministre a martelé que «si on veut arriver à des résultats, ce sont les enquêtes policières qu'il faut prioriser». Il a réitéré qu'il ne ferme pas la porte à une enquête publique, mais que ce n'est pas ce qu'il «priorise».

Dans les couloirs du parlement, plusieurs convenaient que les déclarations de Jean-Guy Dagenais rendaient la position gouvernementale plus difficile à défendre dans l'opinion publique. Certains soulignaient que ce n'est pas la direction de la SQ qui s'est exprimée, mais un syndicat. D'autres ont rappelé que ce dernier devait bientôt renouveler son contrat de travail.

Manque d'expertise

À l'instar du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Sylvie Roy se pose aussi de sérieuses questions quant à l'octroi de contrats du ministère des Transports non seulement à des entrepreneurs en construction, mais aussi à des firmes de génie-conseil pour des plans et devis, ainsi que pour la surveillance technique des chantiers.

À la lumière d'une recherche qu'il a menée, le SFPQ se demande si le ministère des Transports du Québec (MTQ) ne s'en remet pas désormais carrément aux firmes de génie-conseil pour estimer le coût de la plupart des contrats qu'il accorde. Ou s'il ne transfère pas à certaines d'entre elles des informations privilégiées pour qu'elles les obtiennent.

«Il y a des questions à se poser», a aussi affirmé Mme Roy. Une phrase reprise par la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui croit que le problème de fond est qu'«il n'y a plus suffisamment d'expertise au MTQ et dans les ministères». «À partir de là, on se met peut-être dans les mains des firmes» intéressées par ces contrats.

Une supposition corroborée par un fonctionnaire du MTQ, qui ajoute à ce portrait le propre manque d'expertise de plusieurs firmes de génie-conseil en matière de préparation et de surveillance des chantiers... D'où plusieurs dépassements de coûts à l'arrivée. Il note la «grosse pénurie de techniciens dans le domaine du génie civil».

Cyberpresse vous suggère

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer