Son prédécesseur a brassé beaucoup d'air et quitté son poste avec fracas après un désaccord médiatisé avec le chef libéral et sa «gang de Toronto». M. Garneau veut s'imposer avec son propre style, sans faire de concession sur les aspirations du Québec.
«Absolument pas», affirme-t-il en entrevue au Soleil. «Je donne l'heure juste à M. Ignatieff et c'est ce qu'il veut. Sans aucune gêne. Je suis ses oreilles. Je ne suis pas Denis Coderre, j'ai un tempérament différent, mais j'ai aussi les qualités pour faire le travail de représentant du chef. J'ai un autre style et j'ai l'intention de m'en servir.»
L'ex-astronaute souligne qu'il a été à la tête de l'agence spatiale canadienne, qui gérait 300 millions $ par année. «J'ai été dans des positions de leadership, je crois que j'ai les prérequis pour faire la job, même si je ne serai pas parfait», indique-t-il.
Différentes sources libérales ont indiqué au Soleil que plusieurs chicanes tiraillent l'organisation du parti dans la région de Québec. Une appréciation que ne partage pas le député de Westmount-Ville-Marie. «L'état des troupes est très bon, assure-t-il. Il y a de l'ouverture, une réceptivité. [Les prochaines élections] pourraient être au printemps, à l'automne ou en 2011, mais ce n'est pas un problème d'avoir des candidats pour le PLC.»
Fils de militaire, natif de Québec, Marc Garneau a partagé les 15 premières années de sa vie entre la capitale et Valcartier. Il entend se faire voir beaucoup dans la région d'ici le prochain scrutin. «C'est une grande priorité pour moi d'être présent à Québec, dit-il. On est conscient du fait qu'il est important qu'on soit plus présent ici. On doit s'assurer que le message passe plus.»
Le changement de ton par rapport à M. Coderre est frappant dans les commentaires moins abrasifs de M. Garneau sur la gestion conservatrice des dossiers régionaux. Il trouve «regrettable» que les investissements dans le patrimoine militaire de Québec soient repoussés. Au lieu de «simplement critiquer», il veut présenter des idées «concrètes» pour gagner la confiance de la population. M. Garneau assure qu'un gouvernement du PLC serait «partenaire» dans la reconstruction du Manège militaire et l'établissement d'un nouveau colisée à Québec, sans s'engager sur des montants.
Il explique que les propos de son chef ont été mal interprétés lorsqu'il a dit qu'il fallait prioriser la réalisation d'un TGV avant un colisée. «Ce sont deux projets qui sont très importants», affirme M. Garneau.
Du terrain à regagner
Même si la victoire a été celle du Parti conservateur, la défaite bloquiste dans l'élection complémentaire de Montmorency-
L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup est signe d'une volonté de changement dans l'électorat au Québec, croit M. Garneau. «On se donne un objectif : gagner. Il faut être présent et regagner la confiance. Je sais qu'on a du travail à faire. On va le faire patiemment, avec discipline, et je suis sûr qu'on va regagner le terrain perdu.»
M. Garneau est convaincu que les valeurs des Québécois sont plus près de celles des libéraux que de celles des conservateurs. «Je ne suis pas en politique pour l'ego, avoir de la puissance ou de la notoriété, assure-t-il. J'ai fait une belle carrière. Je ne le fais pas pour l'argent. Je le fais par conviction. Je ne vous bullshite pas. Je suis un libéral convaincu.»











