Québec propose aux fonctionnaires une hausse de 7% sur 5 ans

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La présidente du Conseil du trésor Monique Gagnon-Tremblay... (Le Soleil, Erick Labbé)

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La présidente du Conseil du trésor Monique Gagnon-Tremblay

Le Soleil, Erick Labbé

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) D'un côté, une demande de hausses de salaire de 11,25?% sur trois ans. De l'autre, une offre de 7?% sur cinq ans pour la «masse salariale globale». De l'avis de tous, y compris des parties engagées dans la négociation, l'écart entre les demandes du Front commun et les propositions de l'État employeur demeurera insurmontable au fil d'arrivée.

Chacun est d'ailleurs déjà à même de constater l'importance du fossé : les syndicats réclament 3,75?% en hausses de salaire par année pendant trois ans pour leurs membres. Le Conseil du trésor leur propose 1,4 % par an pour chacune des cinq prochaines années - 1,4 % en tout et pour tout, insiste-t-il.

Ce 1,4 % doit en effet couvrir non seulement d'éventuelles augmentations salariales, mais aussi l'ajout probable de personnel dans le réseau de l'éducation, dans certaines sphères de la santé, ainsi que les obligations gouvernementales en matière de relativité et d'équité salariales. Et, enfin, les aménagements au régime de retraite. Une proposition qui se traduira sans doute «par un gel salarial pendant plusieurs de ces cinq années», craint Daniel Boyer, de la FTQ.

Si le gouvernement devait camper sur ses positions, Régine Laurent, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, croit qu'elle devra dire aux jeunes qui pourraient vouloir devenir infirmières ou infirmiers que ce sera «0?% et 0?%» d'augmentation les deux premières années et que, pour la suite, «on verra».

«L'attraction et la rétention des employés en pâtiront, ajoute-t-elle. Le gouvernement n'a pas tenu compte des rapports» de l'Institut de la statistique du Québec sur le travail et la rémunération.

Pas le bon moment

Qualifiant le décalage d'«énor­me», le vice-président de la CSN, Louis Roy, soutient que ces offres ne «répondent ni à nos demandes, ni à nos besoins».

M. Roy, M. Boyer et Mme Laurent ont évité de ruer dans les brancards, lundi. «Ce n'est pas le bon moment, a confié un proche des représentants syndicaux. L'opinion publique ne l'accepterait pas.»

Monique Gagnon-Tremblay a également eu à coeur, lundi, d'opter pour un ton affable, avenant.

Jetant un oeil aux dernières négociations, conclues par des décrets, Daniel Boyer veut même croire que, contrairement aux

offres de sa prédécesseure, Monique Jérôme-Forget, qui étaient «finales», celles de Mme Gagnon-Tremblay sont «initiales». Le représentant de la FTQ espère qu'elles ne font que lancer le jeu des pourparlers.

À ce stade-ci, personne n'ose évoquer une conclusion en forme de décret. Tous veulent laisser le jeu des négos suivre son cours. Mais les espoirs affichés en coulisses sont plus sombres que ceux mis de l'avant publiquement.

Le Front commun représentant 475 000 salariés du secteur public chiffre sa demande à 3,2 mil­liards?$. Le Conseil du trésor, qui négociera devant 550 000 employés, l'évalue à 8 milliards $.

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