Par contre, il ouvre la porte à une majoration supplémentaire des salaires si la croissance du PIB est supérieure à celle prévue dans trois ans. Si tel devait être le cas, le lien entre salaires et finances publiques pourrait jouer des deux côtés pour la première fois, a fait savoir, lundi, la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay.
«Si la croissance de la richesse augmente au-delà du 4,2 % prévu dans le plan de retour à l'équilibre budgétaire, nous sommes prêts à envisager qu'une partie de cette croissance soit utilisée pour bonifier la progression générale des salaires», a-t-elle dit.
Pour les économistes, la cible de croissance à dépasser est cependant ambitieuse.
Des milliards à trouver
Pour l'heure, Mme Gagnon-Tremblay fait valoir que ses offres «tiennent compte de l'importance de préserver les services publics et de la capacité de payer des contribuables». Elles respectent aussi les paramètres du «plan de retour à l'équilibre budgétaire».
Ce plan suppose que la croissance des dépenses de l'État passera de 4,6 % à 3,2 % dès la prochaine année budgétaire - ce qui est tout un défi, de l'avis même des syndicats. Malgré les compressions programmées, il manquera toutefois encore plus de 5 milliards $ pour atteindre l'équilibre budgétaire en 2013-2014.
Pour la fonction publique à proprement parler, l'État employeur se dit prêt à réduire la sous-traitance et à privilégier le travail à l'interne. Il proposera des mesures pour inciter les employés à prolonger leur carrière au-delà de 35 ans. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, et la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, recherchent davantage de «souplesse». Lundi, ils ont mis l'accent sur la «réorganisation du travail» et l'«optimisation» des compétences de chacun.
Par exemple, Mme Courchesne souhaite que cesse «l'interminable succession» d'enseignants dans une même classe pour remplacer un collègue absent pendant une longue période de temps. M. Bolduc veut, entre autres, réduire le recours aux agences privées d'infirmières, qui ont coûté 367 millions $ l'an dernier.
Le Parti québécois et l'Action démocratique du Québec évitent de se prononcer sur ces négociations. Seul Québec solidaire a accepté de se mouiller. Il l'a fait en donnant son appui au Front commun.













