Si la proposition est retenue, moins de citoyens participeront au financement de partis situés aux antipodes du spectre politique, croit-on. Le PQ estime qu'il serait beaucoup plus gênant pour un même individu d'être membre en règle de formations aux idées opposées que d'en financer plusieurs en même temps, comme cela se fait actuellement.
Cette pratique du financement multiple soulève des questions sur les convictions politiques des contributeurs qui s'y adonnent. Elle sème le doute sur leurs motivations profondes.
Si elle est agréée à l'interne - ce qui se décidera aujourd'hui -, cette audacieuse suggestion et plusieurs autres devraient être rendues publiques demain par Pauline Marois.
Elles seront présentées en début d'année prochaine à la commission parlementaire convoquée pour étudier le projet de loi 78, portant sur le financement des partis et la carte des circonscriptions électorales québécoises.
Si elle était adoptée, cette proposition ne désavantagerait certainement pas le parti souverainiste, selon nos informations. Plus de 75 % des contributions reçues par le PQ proviennent déjà de ses membres. Les membres du Parti libéral du Québec comptent pour beaucoup moins dans le total des dons reçus par leur formation.
Cette nouvelle façon de faire obligerait les partis à redoubler d'efforts pour recruter des adhérents. Des élus conviennent que ce ne serait pas simple à notre époque.
Le manque à gagner, s'il y en a un, serait compensé ou comblé par la hausse de l'allocation annuelle que l'État verse aux partis. Dans son projet de loi, le ministre Claude Béchard préconise de faire passer de 0,50 $ à 0,82 $ l'allocation qu'ils touchent par vote obtenu.
Abaisser le plafond
Pauline Marois confirmera que le financement des partis politiques doit reposer sur les individus. Pas question pour son parti de permettre aux entreprises, aux syndicats et aux associations de contribuer aux caisses politiques.
Elle réitérera sa volonté de voir le plafond des contributions être abaissé. Il est actuellement fixé à 3000 $ par donateur pour les partis provinciaux.
















