La centrale syndicale entend combattre «avec fermeté» toute velléité de coupe et de «rétrécissement du rôle et de la capacité d'agir de l'État», a fait valoir mardi la présidente Claudette Carbonneau.
«Combattre ce train de compressions rarement égalé dans les 40 dernières années sera le grand combat que nous mènerons, et ce, dès les consultations prébudgétaires de cette semaine», a prévenu Mme Carbonneau, devant quelques centaines de délégués réunis en conseil confédéral à Québec.
Étalé sur quatre ans, le plan de retour à l'équilibre budgétaire du gouvernement Charest nécessitera au total des compressions de 4 milliards $.
Il s'agit d'un effort budgétaire «irréaliste» qui risque de replonger le Québec «dans la trajectoire des coupes massives des années noires de l'ère du déficit zéro», a évoqué la leader syndicale.
Conviée, vendredi, aux consultations prébudgétaires, la CSN exhortera le ministère des Finances de renoncer à plafonner à 3,2 % la croissance des dépenses publiques et d'étaler sur au moins sept ans - plutôt que quatre ans - le retour à l'équilibre budgétaire.
«J'appelle le gouvernement Charest à ne pas s'enfermer dans un exercice comptable où il suffit d'équilibrer des colonnes de chiffres, comme celles des tarifications, de la taxe de vente et des compressions, sans en regarder d'autres comme celle de l'imposition des revenus», a-t-elle soutenu.
De fait, la centrale proposera au gouvernement d'accroître ses revenus en puisant dans la poche des contribuables et des sociétés, notamment les institutions financières et les compagnies minières.
Une «juste contribution des individus et des sociétés» est nécessaire, a dit Mme Carbonneau, afin d'assurer le déploiement «d'un Québec vert (et) une fiscalité qui permet aux Québécois de compter sur toute une gamme de programmes».
Les hausses de tarifs - y compris ceux d'électricité - n'étant pas la tasse de thé de la CSN, la centrale suggérera au ministre des Finances, Raymond Bachand, de reprendre aux contribuables les quelque 950 millions $ de fonds fédéraux consentis en baisses d'impôts en 2007.
«Il faudrait revenir à l'assiette fiscale que l'on tirait des impôts à la hauteur de 2006-2007. Je pense que c'est autour de 900 millions $», a-t-elle dit.
Quant aux négociations dans le secteur public, la leader syndicale a prévenu la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, qu'elle devra bonifier substantiellement son offre de 7 % sur cinq ans.
«Nous sommes à des années-lumière des attentes légitimes de nos membres», a souligné Mme Carbonneau.
Représentant 475 000 salariés du secteur public, le Front commun syndical réclame un total de 11,2 % d'augmentation de salaire sur trois ans.
Malgré l'écart qui sépare les parties, la présidente de la CSN demeure raisonnablement optimiste.
«Le ton a changé par rapport à la précédente négociation», a déclaré Mme Carbonneau, qui ne s'ennuie pas de l'ancienne présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.
En effet, Monique Gagnon-Tremblay «ne nous a pas joué la scène de la sacoche vide et de la fin des pourparlers avant qu'ils ne commencent. En ce sens-là, on va se prêter à la négociation», a-t-elle dit.
















