Alors qu'il poursuivait sa mission économique en Russie mercredi, le premier ministre a clairement signifié qu'il n'emprunterait pas la voie proposée par la chef syndicale.
«Depuis six ans, nous avons travaillé très fort pour réduire les impôts, afin de les ramener à la moyenne canadienne. Nous avons fait 60 % du chemin, nous sommes devenus compétitifs et il faut le rester», a indiqué M. Charest au cours d'un impromptu de presse.
Mme Carbonneau a demandé mardi une hausse des impôts des contribuables de 900 millions $, soit l'équivalent de la baisse accordée par le gouvernement Charest en 2007.
Selon la présidente de la CSN, cette hausse des revenus du gouvernement l'empêcherait de hausser les tarifs ou encore de couper dans ses dépenses, lui laissant aussi une marge de manoeuvre pour augmenter les salaires des employés du secteur public.
En raison de l'écart considérable entre la demande du Front commun syndical, de 11,2 % sur trois ans, et la proposition gouvernementale, de 7 % sur cinq ans, Mme Carbonneau craint que les négociations sur le renouvellement du contrat de travail des employés de l'État ne s'enveniment.
Jean Charest pour sa part, a pris soins de ne pas hausser le ton devant la chef syndicale, évitant de faire dérailler inutilement les pourparlers.
Pas d'animosité
«Il n'y a pas d'animosité entre nous, tout le monde fait la même lecture de la situation économique. Le ton des négociations est bon, on va écouter ce que les leaders syndicaux ont à dire, mais en bout de ligne, il faut prendre les décisions qui sont à la hauteur de nos moyens et qui tiennent compte de l'intérêt général.»
M. Charest a soutenu que la baisse des impôts accordée par son gouvernement a profité aussi aux fonctionnaires «qui ont vu leurs revenus augmenter comme tout le monde».
Par contre, le premier ministre n'identifie pas de nouvelles pistes de solution pour éliminer le déficit qui devrait atteindre 13 milliards $ en 2014, disant préférer le résultat de consultations dont on ne connaît toujours pas la teneur.
À ce sujet, mercredi, M. Charest s'est montré étonnamment évasif, alors qu'il dit pourtant vouloir «aller au fond des choses» et «ouvrir un dialogue» avec la population dès janvier.
«C'est à déterminer. On ne veut pas faire un grand sommet, on veut faire une formule simple», a-t-il affirmé, en se défendant d'improviser sur la question.
Commission d'enquête
Par ailleurs, le premier ministre affirme que les missions économiques qu'il mène à l'étranger ne constituent en rien une porte de sortie lui évitant de faire face aux demandes répétées pour la tenue d'une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction.
M. Charest est actuellement en Russie jusqu'à dimanche, puis il se dirigera à Copenhague, au Danemark, pour participer à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques.
En début d'année prochaine, il se rendra à Davos, en Suisse, pour assister au Forum économique mondial, avant de mener une autre mission économique avec des gens d'affaires québécois en Inde.
«Tout ce que je fais maintenant était déjà prévu depuis longtemps», a-t-il dit, répétant que son gouvernement avait posé les gestes nécessaires, selon lui, pour contrer la corruption dans l'industrie de la construction, alors que de nombreuses révélations ont miné la confiance du public au cours des derniers mois.











