Indemnisation des blessés de guerre: des anciens du Royal 22e montent au front

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Claude Sylvestre a combattu en Italie durant la... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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Claude Sylvestre a combattu en Italie durant la Seconde Guerre mondiale, et Elphège Renaud a servi durant la guerre de Corée.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Francine Matteau, qui réclame de meilleures compensations financières pour les blessés de la guerre en Afghanistan, n'est pas seule dans son combat.

Après la lecture des reportages publiés en fin de semaine dernière dans Le Soleil, des anciens combattants du Royal 22e Régiment ont tenu à donner leur appui à la cause défendue par la mère du caporal-chef Nicolas Magnan, qui a été blessé grièvement aux jambes en 2007.

«C'est absolument ridicule de donner un montant forfaitaire à un ancien combattant. Il risque de le flamber rapidement et de se retrouver sur le bien-être social après. Ça n'a pas de bon sens», a soutenu, jeudi, lors de son passage au Soleil, le président de l'Association des anciens combattants du Royal 22e Régiment, Elphège Renaud.

«Le montant forfaitaire est offert pour se débarrasser du gars. Après ça, le ministère des Anciens Combattants n'a plus à s'en occuper. Pourtant, plusieurs anciens militaires doivent vivre avec des séquelles psychologiques importantes et leur état de santé peut empirer avec le temps sans la possibilité de faire réviser leur indemnité», a renchéri Claude Sylvestre, lui aussi un vétéran du Royal 22e.

Âgé de 86 ans, M. Sylvestre a combattu en Italie durant la Seconde Guerre mondiale. Il y a été blessé. De son côté, M. Renaud, qui est âgé de 80 ans, a servi durant la guerre de Corée, au début des années 50.

Le ministère critiqué

Ils ne blâment pas le premier ministre Harper pour les changements apportés à la façon d'établir les compensations des blessés de guerre. «On pense que le premier ministre est sincère. Le problème, c'est plutôt les fonctionnaires du ministère des Anciens Combattants à Charlottetown», a soutenu M. Sylvestre.

De plus, MM. Renaud et Sylvestre déplorent la lenteur des procédures au Ministère pour obtenir une compensation juste et équitable et la difficulté à obtenir un service en français digne de ce nom. Ils doutent aussi de l'efficacité de l'ombudsman nommé par le gouvernement pour répondre aux plaintes des blessés de guerre.

«Ça prend de deux à trois ans pour que le cas d'un ancien combattant soit révisé. Pensez-vous qu'à 80 ans, on peut se permettre d'attendre aussi longtemps?» a demandé M. Sylvestre, exaspéré par la lourdeur bureaucratique du Ministère.

Les deux ex-militaires considèrent que l'échelle des compensations mensuelles qui était en usage avant l'entrée en vigueur de la Charte des anciens combattants et l'offre de montants forfaitaires était adéquate.

Mme Matteau estime que le gouvernement fédéral a commis une erreur en retirant le paiement de rentes mensuelles aux blessés de guerre. Elle réclame le retour à ce mode de compensation.

La ministre fédérale Josée Verner s'est dite prête, jeudi, à rencontrer la mère du caporal-chef Nicolas Magnan pour discuter du cas de son fils. Elle croit que l'ombudsman nommé par son gouvernement est un recours utile pour les anciens combattants.

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