Dans la région de la capitale, environ 8500 militaires atteints physiquement ou mentalement reçoivent de l'aide. Du nombre, 5200 ont combattu lors des récents conflits armés dans lesquels s'est lancé le Canada. Combien d'éclopés de l'Afghanistan? Le ministère des Anciens combattants ne sait pas, puisque plusieurs sont encore à l'emploi de la Défense nationale et ne sont pas comptabilisés. Mais, d'un océan à l'autre, plus ou moins 2200 militaires blessés en sol afghan ont quitté l'armée et comptent maintenant sur le Ministère pour subvenir à leurs besoins.
«Lorsqu'ils quittent les Forces canadiennes, ils peuvent obtenir un soutien supplémentaire pour les aider à réussir leur transition à la vie civile», nous explique, dans un courriel, la porte-parole nationale du Ministère, Janice Summerby. «Les vétérans de l'ère moderne et leurs familles ont accès à des avantages et à des services qui leur permettent de bénéficier d'une sécurité afin qu'ils puissent rebâtir leur vie [...].»
De quels «services» est-il question? D'abord, chaque blessure donne droit à un montant forfaitaire versé une fois. Établi en fonction de la gravité du cas, il peut atteindre 276 000 $. Les sommes ainsi octroyées sont critiqués par l'ombudsman des vétérans.
Suivent une série de programmes divers : réadaptation physique et psychologique, pension durant les traitements, pension spéciale pour les vétérans les plus gravement blessés, aide pour trouver un emploi, soins de santé, soutien à la famille...
Ce modus operandi a été implanté en avril 2006, quand la Charte des anciens combattants a été réformée. Avant, le vétéran blessé en service recevait une pension à vie. «Il s'agit de la plus importante réforme des avantages et services accordés aux anciens combattants depuis 60 ans», expose Janice Summerby.
Ailleurs dans le monde
ANGLETERRE
En Angleterre, depuis le 6 avril 2005, les militaires blessés, malades (ou le conjoint lors d'un décès) ont droit à une indemnisation unique débutant à environ 1890$, mais pouvant atteindre plus de 930 000 $. Le système ressemble à celui du Canada, qui a été modifié en 2006. Les sommes en jeu sont toutefois considérablement plus élevées. Le montant forfaitaire est fixé en fonction d'une grille à 15 étages. Et un guide très détaillé établit la classification de chaque blessure. Perte de la vue et de l'ouïe: niveau 1, 930 000 $. Des brûlures au troisième degré couvrant plus de 70% du corps: niveau 4, 293 250$. Fracture d'un orteil, autre que le gros orteil, et qui limitera les mouvements durant 13 semaines et forcera une réhabilitation de 13 semaines de plus: niveau 15, 1890$. Les Britanniques garantissent également une pension annuelle aux militaires moyennement ou gravement blessés. Par exemple, un soldat de 23 ans qui gagnait 34 000$ perd un pied. Il recevra quelque 15 000$ par année en plus de son paiement forfaitaire.
ÉTATS-UNIS
Chez les alliés du sud, le paiement d'une pension à vie est privilégié, explique un porte-parole, Phil Budahn. Tous les militaires ayant complété 20 années de service reçoivent une pension de retraite calculée en fonction du salaire gagné en fin de carrière. Toutefois, les blessés n'ayant pas atteint la retraite touchent une pension de 123$ à 2673$ par mois (1476$ à 32 076$ par année). La gravité des blessures influe sur la somme versée. Il faut ajouter les soins de santé gratuits jusqu'au décès, de la réhabilitation, l'adaptation du domicile pour les handicapés, la priorité pour des emplois dans l'appareil fédéral... L'armée américaine bonifie parfois la pension si le militaire a une femme et des enfants ou s'il est vraiment très mutilé. L'armée garantit aux plus pauvres, ceux qui décrochent complètement, un minimum de 12 000$ par année.
FRANCE
Outre-Atlantique, une pension est versée aux militaires blessés comme aux victimes civiles de la guerre ou du terrorisme. Les soldats recevront donc une indemnisation toute la vie durant. La blessure doit toutefois entraîner une invalidité d'au moins
10%. «À chaque taux d'invalidité correspond un nombre de points d'indice de pension qui tient compte du grade des militaires», apprend-on dans le site Internet de la Défense. «À partir du taux global de 85% d'invalidité peuvent s'ajouter à la pension principale des allocations aux grands invalides, aux grands mutilés, une aide pour la tierce personne [qui prend soin du blessé]...»
Sources: www.veterans-uk.info et www.defense.gouv.fr























