Ombudsman des vétérans à Valcartier: Jean-Pierre Blackburn y sera

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Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) Le nouveau ministre des Anciens Combattants, Jean-Pierre Blackburn, accompagnera l'ombudsman des vétérans des Forces armées à Québec le 9 février pour entendre les doléances des militaires de Valcartier et des anciens combattants sur le régime d'indemnités aux blessés de guerre.

«Je serai aux côtés de l'ombudsman à Québec. Nous en avons parlé. Ça m'intéresse d'entendre ce que les militaires ont à dire. La Charte des Anciens Combattants mérite d'être revue. Le processus est en train d'être amorcé», a-t-il affirmé, hier, au Soleil, au cours d'une entrevue téléphonique.

Il y a quelques jours, l'ombudsman - le colonel Patrick B. Strogan - a déclaré au Soleil ne pas être un partisan du versement d'un montant forfaitaire à un blessé de guerre. «Quelqu'un avec une blessure psychologique pourrait dépenser de façon irréfléchie, gaspiller l'argent et n'avoir plus un sou pour assurer sa sécurité financière. Les vétérans peuvent facilement devenir des sans-abri», a-t-il commenté.

Le ministre ne ferme pas la porte à revoir les indemnités versées depuis 2006. «Il faut être prudent. Il ne faut pas baser notre décision sur un ou deux faits. Il faut aller en profondeur. Je ne prends pas ça à la légère. Je n'exclus pas la possibilité de demander au Ministère de vérifier auprès de tous ceux qui ont reçu des montants forfaitaires ce qu'ils ont fait de leur argent», a-t-il affirmé.

Sessions d'information

M. Blackburn qui a pris part à des sessions d'information sur son ministère depuis 10 jours a tenu à réfuter l'impression que le Ministère n'est intéressé qu'à donner un montant forfaitaire aux nouveaux blessés de guerre.

«Ce n'est pas juste de dire qu'on leur donne seulement un montant d'argent et qu'on les laisse à eux-mêmes après. Si l'ancien combattant s'inscrit à un programme de réhabilitation, il peut recevoir 75 % de son salaire jusqu'à 65 ans. Notre objectif est de faire en sorte qu'il puisse réintégrer la société. Pour ses placements, il peut avoir des services-conseils», a-t-il avancé.

D'autre part, le ministre a reconnu que les délais pour obtenir un règlement final de l'indemnité pour un blessé de guerre peuvent être assez longs. Certains doivent attendre trois ans avant qu'une décision soit prise en appel.

Avant de venir à Québec, le ministre se rendra la semaine prochaine en Nouvelle-Zélande à une réunion des ministres des Anciens Combattants de plusieurs pays. Il compte en apprendre davantage sur les façons qu'on traite les militaires dans d'autres pays, dont l'Australie et la Nouvelle-Zélande, après avoir quitté les forces armées.

Les échanges vont particulièrement porter sur l'élaboration d'une loi pour répondre aux besoins d'une population vieillissante d'anciens combattants et de ceux qui ont participé à des conflits plus récents.

Francine Matteau, la mère du caporal-chef Nicolas Magnan qui a été grièvement blessé en Afghanistan, a dénoncé le nouveau régime d'indemnités mis en place en 2006. On offre un montant forfaitaire d'un peu plus de 100 000 $ à son fils grandement affligé par des blessures aux jambes. Le militaire a interjeté appel pour demander davantage. L'indemnité forfaitaire maximale est de 276 000 $. Mme Matteau estime que le régime précédent qui prévoyait des rentes mensuelles était plus avantageux pour les blessés de guerre.

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