La Trade Union Centre of India, un syndicat qui représente 200 000 travailleurs, a demandé à M. Charest de militer en faveur de l'arrêt des exportations de ce minerai.Le secrétaire général du syndicat, Sanjay Singhvi, a estimé que 20% des travailleurs indiens exposés à la poussière d'amiante développent des maladies pulmonaires, comme l'amiantose ou le mésothéliome.
Lors d'une conférence de presse, en présence d'une cinquantaine de travailleurs, dont certains atteints de maladies causées par l'amiante, M. Sighvi a affirmé le minerai provenant du Québec, tout comme celui importé d'ailleurs, était responsable de cette situation.
Secteur informel
Le syndicaliste a indiqué que les règles encadrant l'utilisation sécuritaire de l'amiante sont pratiquement inapplicables en Inde, où 94% de la population, soit 38 millions de personnes, travaille dans le secteur informel de l'économie. L'économie informelle, caractérisée par des boulots en marge du système, n'est donc encadrée d'aucune façon que ce soit par l'État.
«Beaucoup d'amiante est utilisée dans ce secteur informel, a-t-il dit. Et c'est très dangereux d'exporter de l'amiante en disant qu'il faut respecter les règles d'utilisation sécuritaire, parce que ces normes ne seront pas suivies. Et même si l'amiante était utilisée de manière sécuritaire, ses fibres finissent toujours par s'infiltrer, même si on porte un masque.»
M. Sighvi a affirmé que la promotion de l'utilisation sécuritaire du minerai, mise de l'avant par M. Charest, était incohérente.
«C'est irresponsable, a-t-il dit. C'est aussi mauvais que si un pharmacien vendait des médicaments sans prescription et qu'ensuite, il disait qu'il revient aux gens de les utiliser correctement.»
M. Sighvi a déploré que M. Charest, actuellement en mission économique en Inde, n'ait pas donné suite à la demande du syndicat, qui souhaitait le rencontrer.
«Nous lui avons écrit pour demander une rencontre mais on ne nous a même pas répondu, a-t-il dit. On nous avait pourtant promis de nous répondre.»
Charest se défend
Par la suite, M. Charest a affirmé, lors d'un point de presse, qu'il ne pouvait pas dicter aux autres pays comment ils contrôlent les produits nocifs. Le premier ministre a indiqué que l'amiante chrysotile était un produit aussi dangereux que l'uranium, le chlore et le mercure.
«La position que nous avons, les politiques que nous avons mises en place et que nous encourageons, pour ceux qui utilisent le chrysotile, c'est justement d'établir des normes qui vont permettre le contrôle du produit», a-t-il dit.
Selon M. Charest, il revient au gouvernement indien de s'en charger.
«Une fois que le produit est rendu dans un pays, ultimement, la responsabilité revient au pays», a-t-il dit.










