S'il veut éviter «le mur», le premier ministre Jean Charest doit prendre des décisions «responsables», mais qui ne seront «pas nécessairement agréables», a fait valoir le chef adéquiste, mardi, au sortir d'un caucus de préparation pour la session à venir.
Un premier pas vers un retour à l'équilibre budgétaire serait de serrer la ceinture du trésor québécois de 1 milliard $, insiste-t-il. Pour cela, chacun devra mettre l'épaule à la roue.
«Il faut que chaque pierre soit soulevée pour voir si on pourrait faire les choses différemment et voir si on pourrait être plus productif», suggère M. Deltell, qui souhaite une révision des programmes à la Sarkozy, président français.
D'après lui, la cible d'un milliard de dollars est réaliste. Il faut d'abord mettre fin au dédoublement de structures en santé avec l'abolition des agences régionales. L'ADQ propose toujours de financer les hôpitaux sur la base des patients qui y sont soignés. Des sommes considérables peuvent aussi être récupérées dans les subventions aux entreprises. Et les syndicats devront mettre de l'eau dans leur vin et déposer des demandes «réalistes».
«L'objectif n'est pas de sortir la scie à chaîne, dit M. Deltell. C'est d'être plus efficace et qu'on en ait pour notre argent. Bien des Québécois estiment qu'on vit au-dessus de nos moyens.»
Le chef adéquiste est sceptique quant au plan de réduction de dépenses - le «plan de guerre» - qui est en gestation au Conseil du trésor et dont Le Soleil a fait état, mardi. Il faut se méfier, croit-il, des promesses libérales.
En ce qui concerne son propre parti, M. Deltell concède que la situation n'est pas rose. Mais il ne veut pas se laisser abattre. Le dernier sondage CROP a placé l'ADQ derrière Québec solidaire et les verts. «La pente est assez raide, reconnaît le chef. Qu'est-ce qu'on fait? On s'écrase et on fait pitié? Au contraire, on se redresse. Si on estime que notre message est bon, c'est à nous à le véhiculer de la façon la plus percutante possible.»
Il entend mettre tout en oeuvre pour rembourser la dette de 640 000 $ du parti et continuer à aller à la rencontre des Québécois. «Les gens nous disent qu'il faut que le parti survive, que la troisième voie survive, et que c'est à nous de faire les efforts, affirme M. Deltell. C'est ce qu'on fait.»












